Cyclone meurtrier en Haïti : le coupable, c'est le capitalisme

Afficher une version adaptée à l'édition sur imprimanteEnvoyer cet article par mail

Nous publions ci-dessous la prise de position d'un de nos contacts en République dominicaine après les ouragans qui ont dévasté l'État d'Haïti voisin, faisant plusieurs milliers de victimes. Il y dénonce très justement la responsabilité première du capitalisme dans le lourd bilan de ces catastrophes qui n'ont aujourd'hui plus rien de "naturelles".

Fin août début septembre, Haïti, le pays le plus appauvri des Amériques, et non pas le plus pauvre comme on a voulu trop souvent nous le faire croire, a été affecté par les ouragans Gustav et Hanna, provoquant plus de mille morts et des milliers de disparus, de blessés et de sans-abris. Cette tragédie est, comme d'habitude, utilisée par les classes dominantes pour appeler à la conciliation des classes et à l'aide "humanitaire".

On a beau dire tout ce qu'on veut, mais le seul coupable de ces morts, c'est le capitalisme, en premier lieu en tant qu'auteur matériel et intellectuel parce qu'il est responsable de la crise environnementale (cf. "Crise écologique : vraie menace ou mythe  ?" 1) et, dans le cas concret de Haïti, parce que ce pays a été victime de la mise à sac par les grandes puissances capitalistes. Ils ont provoqué la déforestation de cette partie de l'île Hispaniola 2, séchant les rivières et transformant leurs anciens lits en terrains vagues, où une population désemparée d'ouvriers, de chômeurs et de paysans pauvres, a construit des cabanes et des baraques qui sont entraînées, avec tout le reste, lorsque ces vieux lits redeviennent des rivières gonflées par les pluies torrentielles.

Le capitalisme décadent en Haïti s'y est concrétisé d'une façon si grave que les autres nations ont dû définir ce pays comme un État en faillite, un pays où les masses de gens n'ont pas eu d'autre choix que de se jeter à la mer vers l'Amérique du Nord ou vers ce coté-ci de l'île [c'est-à-dire la République dominicaine, ndt] pour vendre leur force de travail. Il arrive même que ce prolétariat soit utilisé par la bourgeoisie comme un esclave victime de la xénophobie nationaliste et chauvine, et que les bourgeois ne se contentent pas de lui voler une grande partie de son travail, mais qu'il lui vole le tout, en appelant les autorités pour qu'il devienne une victime des lois de l'immigration et soit jeté hors du pays.

Comment est-il possible qu'on investisse autant de ressources pour favoriser des coups d'État, des guérillas, des invasions armées comme celle de la minustab 3, où il y a des troupes de différents pays (Pérou, Chili, Nicaragua, Brésil, certains d'entre eux se disant même "socialistes"), et qu'on n'utilise pas ces ressources financières, ces millions, pour éviter des tragédies comme celles provoquées par les tempêtes Gustav et Hanna  ? Seule une action collective du prolétariat de tous les pays et, dans le cas présent et pour commencer, celui de l'île Hispaniola toute entière, pourra faire face au capitalisme qui, depuis des années, n'offre que des crises et des guerres auxquelles s'ajoute maintenant la catastrophe climatique.

Prolétaires de tous les pays, unissez-vous  !

Vl
(Noyau de discussion internationaliste en République dominicaine)

 

1) Ndlr : cet article est également disponible en espagnol.

2) Ndlr : "Hispaniola" est le nom ancien de l'époque coloniale espagnole, de l'île entière, aujourd'hui partagée entre Haïti, ancienne colonie française et la République dominicaine, ancienne colonie espagnole (note du traducteur).

3) C'est le nom de la mission "stabilisatrice" des troupes de l'ONU en Haïti.