Kouchner, le commis-voyageur de l'impérialisme français

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L’ineffable French doctor Kouchner est de retour. Le ministre des Affaires étrangères du gouvernement Sarkozy n’a de cesse de vouloir crever l’écran et de faire parler de lui, comme son nouveau patron.

Après sa visite “surprise” aussi bien que stérile à Bagdad, il s’est empressé de critiquer le premier ministre irakien et d’appeler à son départ en l’accusant de ne pas travailler à la stabilisation de son pays. En fait, ce voyage à Bagdad fin août se voulait un élément marquant d’une offensive diplomatique française et cherchait à donner plus de coffre à la voix de la France dans l’arène internationale et en particulier au Moyen-Orient. Mieux encore, il s’est permis de menacer directement l’Iran d’un recours à la guerre si cet Etat s’obstinait à poursuivre son programme nucléaire militaire. Kouchner n’a rien fait d’autre que de reprendre les propos de Sarkozy qui avait appelé fin août à des “sanctions croissantes” contre Téhéran, mais “hors ONU” et au sein de l’Union Européenne pour mieux afficher ses prétentions de leader de l’Europe.

Evidemment, la présence de Kouchner dans le gouvernement Sarkozy, après avoir mangé au râtelier stalinien du PCF puis à celui de Mitterrand, n’a rien d’étonnant. Mais aujourd’hui, il dévoile la vraie nature de “va-t-en guerre”, de son engagement “socialiste” et de “grand humaniste”. Depuis 1968, il n'a cessé d’être présent dans nombre de conflits, en Afrique et dans les Balkans en particulier, comme représentant patenté d’organisations humanitaires médicales, puis comme représentant de “l’ingérence humanitaire” de la France. En fait, il a toujours été un des meilleurs “VRP” de l’impérialisme français. Une caméra à l’horizon d’un champ de bataille et de misère et… surgit Kouchner, un sac de riz sur le dos en Somalie ou un enfant famélique dans les bras au Darfour. C’est de cette image de chevalier blanc justicier dont se sert encore Sarkozy. N’oublions pas que c’est le socialiste Mitterrand qui a créé le concept “d’ingérence humanitaire” pour mieux faire passer la pilule de l’intervention militaire, dont ne s’est pas privée la France en ex-Yougoslavie, au Kosovo, en Afrique ou au Moyen-Orient. En cela, Kouchner est resté fidèle à son ancien maître, pour faire vivre dans les médias ses “convictions”, et son image de “combattant de la paix”, mais aussi et surtout pour mieux servir et adapter les intérêts de l’impérialisme français au style Sarkozy.

Mulan (29 septembre)