Le « socialisme » à la Chavez : L’art de redistribuer la misère

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Au cours du périple qui l’a conduit dans de nombreux pays en 2004 (au Brésil, en Uruguay, en Argentine, en Inde, au Qatar et en France), le président Chavez a non seulement démontré son antiaméricanisme, mais il s’est en outre permis de proclamer, face à des auditoires acquis à sa cause, qu’on ne pourrait supprimer la pauvreté du Tiers Monde en restant dans le système capitaliste de libre entreprise, qu’il faudrait pour y parvenir inventer « le socialisme du XXIe siècle ».

Nous allons voir comment cette « invention » n’en est pas vraiment une, qu’elle ne signifie qu’une adaptation du capitalisme d’Etat à des conditions de crise plus aiguë et surtout à des niveaux importants de décomposition de l’ordre capitaliste. Cette situation exige une réadaptation tant des politiques économiques que de l’ensemble de l’arsenal idéologique que doit développer chaque bourgeoisie nationale pour tromper et soumettre le prolétariat. Toutes les bourgeoisies nationales, et plus encore celles des pays de la périphérie, n’ont d’autre perspective que celle de redistribuer la misère. Le « néo-socialisme », proposé par Chavez et applaudi par tous les altermondialistes, le démontre car il est impossible d’éradiquer la misère sans révolution communiste.

Le « projet » chaviste : un projet clairement bourgeois

Le projet « chaviste » trouve ses origines dans le mouvement civico-militaro-bolivarien développé par les idéologues de la guérilla des années 60 qui avaient rompu avec le Parti communiste du Venezuela, projet qui fut repris dans les années 80 par le mouvement MBR-200 ([1]) ; ce projet vise au développement d’une véritable « bourgeoisie nationaliste », diamétralement opposée à la bourgeoisie « oligarchique » qui avait émergé après la déroute de la dictature du général Marcos Perez Jimenez en 1958. Ce mouvement s’inspire du modèle capitaliste d’Etat à la sauce stalinienne (dite « marxiste-léniniste » par la gauche), pimenté par un soupçon de tropicalisme à la mode bolivarienne ; il se situe à l’extrême gauche des forces politiques de la bourgeoisie vénézuélienne et, comme tout projet capitaliste, se nourrit de la plus-value extraite par l’exploitation de la classe ouvrière au Venezuela.

L’irrésistible ascension de Chavez est fondamentalement le fruit du niveau élevé de décomposition qui affecte la bourgeoisie vénézuélienne et qui n’est jamais que l’expression de la décomposition du système capitaliste dans son ensemble. Les secteurs de la bourgeoisie qui avaient gouverné tout au long des dernières décennies du siècle dernier étaient incrustés au pouvoir, protégés par une ambiance d’impunité et de corruption. Ils ont perdu la capacité de mystifier par des illusions les secteurs le plus pauvres de la société : pour pouvoir affronter la crise économique, ils ont progressivement réduit les plans sociaux pour les plus pauvres (grâce auxquels ils avaient pu maintenir la « paix sociale »), provoquant l’explosion de la paupérisation tandis qu’ils ont appliqué de draconiennes mesures d’austérité contre la classe ouvrière, et aussi une envolée du chômage et la chute du pouvoir d’achat des masses travailleuses.

L’incapacité de ces secteurs de la bourgeoisie au pouvoir à gérer une situation explosive fut mise en évidence par les émeutes de la faim en 1989, lorsque des milliers de commerces furent mis à sac, principalement à Caracas, et qu’ils ne furent capables que d’infliger une répression terrible (les chiffres, il est vrai non officiels, parlent de plus de dix mille morts). Malgré ce cri d’alerte et de désespoir lancé par les secteurs paupérisés, la bourgeoisie nationale fut incapable de réaliser le minimum de réformes nécessaires dans ses structures de pouvoir pour contenir le mécontentement social.

Ce contexte a préparé le terrain pour que se concrétise le premier pas du projet chaviste, la tentative de coup d’Etat de 1992 qui, malgré son échec, a permis de mettre au premier plan un parfait inconnu, Chavez. Celui-ci se lança dans l’arène électorale dès sa libération en 1994, faisant une critique dévastatrice des fractions de la bourgeoisie alors au pouvoir. Fort d’un puissant charisme personnel, il adapta petit à petit le projet de « révolution bolivarienne » des années 60 à la nouvelle période historique caractérisée par la disparition des deux grands blocs impérialistes, attirant dans ses rangs des millions de pauvres en leur laissant croire que son accession au pouvoir les sortirait de leur misère.

Après son écrasant triomphe lors des élections de 1998, commence un processus qui domine la scène politique jusqu’à nos jours, marqué par la confrontation de deux fractions du capital national : d’un côté, la « vieille » bourgeoisie représentée par les partis traditionnels (principalement AD, COPEI, quelques secteurs du MAS, etc.), de l’autre la « nouvelle bourgeoisie » (les partis et groupes de gauche, gauchistes militaires, etc.) qui avait été exclue du pouvoir pendant la seconde moitié du siècle dernier. En fait, quand les chavistes et consort disent que le gouvernement bolivarien est celui des « exclus », il ne fait pas référence à l’immense masse croissante des pauvres qui vivent dans ce pays, mais à ces secteurs de la bourgeoisie et de la petite-bourgeoisie qui détiennent aujourd’hui le pouvoir et qui se partagent le butin constitué par les recettes de l’Etat, attaquant aujourd’hui avec toute la force de leur rancoeur les autres fractions de la bourgeoisie nationale. Comme leurs prédécesseurs « adecos » et « copeyanos » ([2]), ils n’ont d’autres options que celles d’accentuer les conditions d’exploitation des travailleurs et de s’attaquer à cette masse de pauvres qu’ils prétendent défendre, généralisant la misère, répartissant « socialement » des miettes parmi les secteurs les plus appauvris par le biais de soi-disant « Missions » ([3]) pour tenter de maintenir la « paix sociale », utilisant bien sûr tout un verbiage « révolutionnaire » basé sur la démagogie et le populisme.

Le chavisme : un mouvement décomposé de naissance

Il serait faux de voir le chavisme comme un produit « made in Venezuela », produit de caractéristiques purement nationales. Le « phénomène » chaviste est le produit des contradictions propres au système capitaliste, de la crise qui secoue le capitalisme au niveau mondial depuis la fin des années 60 et qui exige de chaque bourgeoisie nationale l’attaque permanente des conditions de vie des masses travailleuses et de la population dans son ensemble. Mais il est aussi le résultat de la période de décomposition dans laquelle s’enfonce le capitalisme depuis deux décennies, décomposition dont l’expression majeure a été la disparition du système de blocs impérialistes après l’implosion de l’ex bloc « socialiste » en 1989.

Dans le cas particulier du Venezuela, l’apparition du chavisme exprime de façon caricaturale la décomposition de la bourgeoisie nationale, qui atteint de telles proportions que ses conflits d’intérêt ont créé les conditions pour que le gouvernement tombe entre les mains de secteurs de la petite-bourgeoisie gauchiste qui ont clairement l’intention de s’y maintenir à tout prix. Le secteur « chaviste » de la bourgeoisie tente de se différencier « radicalement » de l’idéologie démocratique de la « vieille oligarchie » en adaptant la virulence aigrie de la gauche du capital vénézuélien et du gauchisme aux temps nouveaux de la « fin de l’histoire » ([4]), en se référant :

– au bolivarisme, repris de la guérilla gauchiste des années 60, mêlé de références à l’idéologie zamorienne et robinsonienne ([5]), auxquelles il faut ajouter l’indigénisme et la négritude, saupoudrant le tout d’une dose de mysticisme et de religion qui viennent donner une connotation fondamentaliste à l’idéologie bolivarienne ;

– à la démocratie représentative qui faisait vivre les vieux partis, le chavisme oppose la démocratie « participative et protagoniste » qui serait la base du « socialisme » chaviste.

Pourquoi ?

La « démocratie participative et protagoniste » a permis au chavisme de mobiliser la population pour adapter juridiquement le modèle démocratique bourgeois et contrôler les institutions de l’Etat par l’adoption d’une nouvelle constitution. L’aspect « innovant » de ce modèle bourgeois se trouve dans le fait qu’il renforce la « nouvelle bourgeoisie » chaviste sur deux plans :

                     sur le plan économique, le soi-disant « développement endogène » basé sur le coopérativisme, la cogestion et l’autogestion permet de développer les politiques de capitalisme d’Etat par l’attribution des ressources de l’Etat à la nouvelle bourgeoisie chaviste et aux secteurs du capital privé qui soutiennent le projet ;

                     sur le plan économique et social, l’attribution des ressources de l’Etat par le biais d’organisations comme les Cercles bolivariens, les Missions, les milices, etc., permet au chavisme un contrôle politique et social des secteur les plus misérables que sont la majorité de la population (le chavisme ne se distingue en rien à ce niveau des régimes staliniens ou fascistes). Et cette attribution des ressources permet surtout au chavisme de distribuer des miettes qui légitiment tous les discours idéologiques sur la « redistribution des richesses » et « l’égalitarisme » de la gauche ; c’est là ce qui, selon le chavisme et l’ensemble de la gauche, ouvrira la voie au « socialisme du XXIe siècle ».

Mais ce « socialisme », avant de « redistribuer les richesses » (vieille rengaine bourgeoise pour justifier sa dictature de classe) se propose en fait la redistribution de la misère, « l’égalisation » de la société par le bas, par la précarité. Le travail des Missions permet en fait d’informaliser les conditions de travail, ce qui « flexibilise » (c’est-à-dire précarise) la force de travail à travers les coopératives dans lesquelles les travailleurs perçoivent des salaires inférieurs au salaire minimum déjà misérable sans bénéficier de la moindre protection sociale. Par ailleurs, toutes les branches de service ou de production dont s’occupent ces Missions en violant allègrement toutes formes de conventions collectives,  sont le théâtre  d’attaques des conditions de travail des travailleurs réguliers qui sont victimes du chantage au licenciement s’ils n’acceptent pas les conditions imposées par l’Etat. Enfin, dans la mesure où les Missions ont essentiellement comme fonction politique le contrôle social, le militantisme « pro-révolutionnaire » étant exigé pour pouvoir grappiller les miettes distribuées par l’Etat, la qualité des services publics est en chute libre. Au fur et à mesure que grandit la couverture sociale des Missions, la précarité s’étend aussi à l’ensemble de la classe ouvrière et à l’ensemble de la société. Par ailleurs le coopérativisme, la cogestion et l’autogestion, formes d’organisation de la production à laquelle la gauche et les gauchistes prêtent une nature magique « anticapitaliste », n’éliminent en rien l’exploitation des travailleurs par le capital, qu’il soit privé ou étatique : les rapports de production de biens ou de services propres à toutes les formes d’organisation de la production capitaliste sont maintenus, et les biens et services produits par les travailleurs devront tôt ou tard être soumis aux lois du marché. En d’autres termes, c’est ce dernier qui décidera des prix et donc du salaire des travailleurs.

Ici comme ailleurs, la bourgeoisie n’a d’autre choix que de jouer avec la misère, et le chavisme s’est révélé être un maître en la matière. Il tente d’imposer ses idéologies à l’ensemble de la société par le sang et par le feu, créant une ambiance de terreur, de persécution, de chantage et d’attaque permanente sur les conditions de vie des travailleurs à travers le chômage, les salaires de misère, les charges sociales, développant une paupérisation qui se traduit, dans les faits, par une augmentation significative de la pauvreté et de la malnutrition ([6]), de la criminalité et de la prostitution infantile et juvénile, pendant que les nouveaux riches chavistes se répartissent le butin des ressources de l’Etat en s’allouant des traitements et des salaires des dizaines de fois supérieurs à ceux d’un travailleur, promouvant et permettant en outre des niveaux de corruption tels que les régimes antérieurs passent pour des enfants de chœur. Et tout ceci au nom de la soi-disant « supériorité morale » de la gauche du capital, qui n’est rien d’autre que la morale hypocrite bourgeoise hissée à son paroxysme.

Dans ce sens, non seulement le chavisme est un pur produit de la décomposition de la bourgeoisie vénézuélienne, mais il est en outre un facteur accélérateur de ce pourrissement de la classe bourgeoise et de la société vénézuélienne dans son ensemble. Et c’est précisément cette putréfaction que les gauchistes et la gauche dans le monde entier baptisent « révolution » ! Quelle impudence !

La seule révolution possible est la révolution prolétarienne

Leur radicalisme petit-bourgeois pousse les secteurs gauchistes qui composent le chavisme à baptiser « révolution » un phénomène qui, comme nous l’avons vu, n’est rien d’autre qu’une variante du capitalisme d’Etat : une « nouvelle » forme juridique d’administration de l’Etat bourgeois pour poursuivre l’exploitation du travail par le capital national. Que Chavez et ses disciples et adulateurs l’appellent « socialisme » n’est pas en soi un phénomène nouveau : la gauche et les gauchistes de tout poil n’ont pas cessé, tout au long du XXe siècle, de qualifier de « socialiste » le moindre gouvernement dont l’Etat assume le contrôle de la vie économique, politique et sociale (comme ce fût le cas pour tous ces pays en orbite de la Russie qui formaient le fameux « bloc socialiste » et dont ne survivent que la Chine, la Corée du Nord et Cuba), dans lesquels est éliminé ou tend à l’être le capital privé et que les moyens de production passent sous contrôle de l’Etat et de la bureaucratie. Aujourd’hui, la gauche du capital, en tant que force protectrice des intérêts du capital national, hisse à nouveau le drapeau de ce « socialisme », c’est-à-dire du capitalisme d’Etat, mais sous les nouvelles couleurs des mouvements anti-globalisation et altermondialistes, pour tenter de donner un fond idéologique à son mot d’ordre : « Un autre monde est possible ».

Ce « néo-socialisme » reprend aussi les thèmes populistes auxquels recourt la bourgeoisie dans ses moments de crise économique et politique. La bourgeoisie recourt toujours dans ces cas-là à la manipulation des secteurs les plus pauvres de la population et de la petite bourgeoisie paupérisée, pour tenter de contrôler le mal-être social généré par l’accroissement de la pauvreté et de les utiliser pour maintenir sa domination de classe.

Le chavisme, armé de cette vision du « socialisme du XXIe siècle », nous promet d’éradiquer la misère… à l’horizon de 2021. Il est effectivement possible que le chavisme parvienne pour cette date à créer une société « égalitaire », dans le sens où il aura réussi à plonger la quasi-totalité de la population dans une « égale paupérisation » (à l’exception évidemment des nouveaux riches du chavisme), comme la bourgeoisie est parvenu à le faire à Cuba, en Corée du Nord ou en Chine, ces résidus du vieux « socialisme ». L’accroissement des indices de la misère ne peut plus se déguiser et il est inéluctable : malgré les manipulations éhontées des chiffres par les organismes de l’Etat, l’Institut national de statistiques (INE) indique que l’indice de pauvreté a augmenté de dix pour cent pendant les six années de gouvernement chaviste ([7]).

Cette augmentation de la misère n’est cependant pas due à la mauvaise gestion du chavisme, comme tentent de le faire croire les secteurs de la bourgeoisie dans l’opposition : il est impossible d’éradiquer la misère dans le capitalisme, car ce mode de production non seulement requiert une attaque permanente sur les salaires et les conditions de vie des travailleurs mais, en outre, avec son entrée en décadence, il crée une masse toujours plus grande de prolétaires qui sont laissés à la rue sans qu’existe pour eux la moindre possibilité d’être intégrés à l’appareil productif. La bourgeoisie face à la crise n’a d’autre choix que de rendre toujours plus précaires les conditions de vie du prolétariat pour pouvoir rester compétitive sur le marché mondial et, bien sûr, pouvoir maintenir les privilèges dont elle jouit en tant que classe dominante.

Mais la bourgeoisie chaviste doit compter sur un facteur qui contrariera ses plans : l’approfondissement de la crise du capitalisme et de la décomposition de l’ensemble de la bourgeoisie. Malgré les revenus importants tirés de l’augmentation historique du prix du baril de pétrole sur lesquels compte la bourgeoisie vénézuélienne, ils ne sont cependant pas éternels et par ailleurs sont insuffisants pour répondre au coût de la « révolution ». L’approfondissement de la crise ne tardera pas à faire tourner court l’appareil populiste et les Missions mis en place par le chavisme. Alors les masses se manifesteront de nouveau. Mais ces manifestations seront condamnées à finir dans les impasses de la révolte stérile et de l’impuissance si la classe ouvrière n’a pas la capacité de donner une perspective aux masses les plus pauvres, vers la destruction et le dépassement du capitalisme. Il est donc de la première importance que les travailleurs réagissent par leur lutte contre les attaques faites à leurs conditions de vie et affrontent toute cette idéologie bolivarienne égalitariste.

Dans le capitalisme décadent, la bourgeoisie, de droite ou de gauche, n’a d’autre choix que de recourir à toutes sortes de variantes du capitalisme d’Etat, qu’elle les nomme bolivarisme ou autres noms d’oiseaux. Le « néo-socialisme », ce fameux « socialisme du XXIe siècle » préconisé par Chavez, n’est que l’imposition progressive de conditions de vie toujours plus précaires aux travailleurs et à l’ensemble de la société. Les forces de droite ou de gauche du capital ne peuvent plus réaliser de réformes véritables du système capitaliste, encore moins faire une révolution. L’époque où la bourgeoisie était une classe révolutionnaire est révolue depuis que le mode de production capitaliste a atteint les confins de la planète. L’entrée du capitalisme dans sa phase de décadence avec la Première Guerre mondiale, a mis depuis un siècle un terme à cette période où le prolétariat

Nous ne pouvons ici développer la vision marxiste de la révolution prolétarienne ([8]). Mais nous pouvons affirmer que seul le prolétariat en armes organisé en Conseils ouvriers est à même de donner un caractère révolutionnaire à un mouvement de révolte, en donnant comme perspective la destruction de fond en comble de l’appareil d’Etat de la bourgeoisie et en s’affirmant comme classe dominante de la société, en prenant le contrôle des moyens de production et en incorporant à sa cause les masses non exploiteuses. Là se trouvent les leçons basiques des plus grandes expériences des mouvements révolutionnaires de la classe ouvrière : la Commune de Paris, la Révolution russe de 1905, la vague révolutionnaire internationale qui fut inaugurée par la Révolution russe de 1917. Là se trouve l’unique voie pour passer du règne de la pénurie qu’impose le capitalisme au règne de l’abondance, le communisme.

P. 01-04-05


[1] Mouvement bolivarien révolutionnaire-200, formé en majorité par les militaires qui participèrent avec Chavez à l’insurrection en 1992.

[2] Partisans des « vieux » partis de la bourgeoisie, AD et COPEI.

[3]  Organisations crées et financées par l’Etat, qui travaillent dans des services publics tels que le domaine de la santé, de l’éducation, de la distribution de la nourriture, etc. Ces Missions permettent aussi de développer le travail précaire à travers le coopérativisme. Le réseau tissé par les Missions permet aussi aux partis qui soutiennent le gouvernement d’exercer un réel contrôle social, puisqu’il est exigé de s’engager en faveur de la « révolution bolivarienne » pour pouvoir recevoir des aides de l’Etat.

[4] Un des conseillers de Chavez dans les années 90 était l’argentin Norberto Ceresole, qui avait imaginé un modèle baptisé “post démocratie” qui combinait un ensemble d’idéologies allant du fascisme au bolivarianisme en passant par le stalinisme. Nous voyons là les origines, typiques de la décomposition, du cocktail idéologique de Chavez.

[5] Références faite au « guerrier » Ezequiel Zamora, leader des insurrections paysannes de la moitié du XIXe siècle et à Simon Rodriguez, qui vécut fin XVIIIe et début XIXe siècles, professeur de Bolivar et qui se fit appeler Samuel Robinson ; son modèle avançait que l’Amérique espagnole devait se doter de gouvernements et d’institutions « originaux » hors des modèles donnés par l’étranger.

[6] Une étude récente de l’Institut vénézuélien de recherches scientifiques avance qu’un tiers des enfants entre 2 et 15 ans sondés dans les Etats du centre du pays souffrent d’anémie. Ce niveau terrifiant va jusqu’à 71 % des enfants de moins de 2 ans dans l’un de ces Etats. Il est bon de se souvenir que, dans les années 80, le pourcentage était proche de celui des pays développés.

[7] L’Institut national de statistiques signalait que la pauvreté était passé de 42,8 % en 1999 a 53 % en 2004. Une récente étude de l’entreprise Datos signale cependant que la pauvreté touche 81 % de la population, c'est-à-dire quelques 21 millions de personnes (el Nacional, 31 mars 2005).

[8] Nous invitons nos lecteurs à mieux connaître nos positions et nos analyses sur ce sujet en consultant notre site Internet : www.internaciotionalism.org.

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