Accidents d'avion à répétition : le profit capitaliste tue massivement

Afficher une version adaptée à l'édition sur imprimanteEnvoyer cet article par mail

La multiplication des accidents d'avion (6 en 2 mois, 330 morts…) cet été ne sont nullement imputables à une quelconque loi des séries, à la fatalité comme le prétendent chaque fois les médias, pas plus qu'à des erreurs humaines comme le concluent la plupart des commissions d'enquête ordonnancées par la suite. Le véritable responsable de ces catastrophes, c'est le système capitaliste et sa loi du profit qui, au péril de la vie des passagers, pousse à faire voyager de plus en plus de monde à bord de véritables cercueils volants, pour faire baisser au maximum les coûts de revient. Alors que les aéroports comme les compagnies aériennes sont confrontés à un trafic aérien de plus en plus intense et embouteillé, deux seuls impératifs : économiser sur le personnel comme sur le matériel et rentabiliser à tout prix face aux concurrents. La fuite en avant dans une concurrence démentielle entre les compagnies aériennes, les tours-opérateurs, les aéroports s'est encore exacerbée avec le succès de la formule publicitaire du voyage à bas prix à bord de vols charters. Impossible de respecter les normes de sécurité les plus élémentaires ou d'effectuer des contrôles sérieux quand la majorité de la flotte aérienne est désormais composée de vieux coucous dont l'âge, l'état ou le nombre d'heures de vol exigerait une mise à la casse immédiate et provoquerait instantanément la faillite de pratiquement toutes les compagnies aériennes. D'ailleurs, les rapports alarmants sur l'état du parc des charters dans les aéroports sont systématiquement enterrés. Par exemple, le MD-82 de la West Caribbean qui s'est écrasé au Venezuela effectuait régulièrement jusqu'à douze vols quotidiens ([1])...

Il ne faut pas se faire la moindre illusion. Tant que le capitalisme existera, de telles catastrophes meurtrières ne pourront qu'être de plus en plus fréquentes.



[1] L'Etat français a par ailleurs dans ces circonstances illustré tout le cynisme de la bourgeoisie en allant jusqu'à faire payer le voyage et la prise en charge des familles des victimes martiniquaises de la catastrophe pour aller reconnaître les corps de leurs proches par les habitants des communes et les collectivités locales, sans débourser d'autre frais que le déplacement officiel de Chirac aux obsèques…