Face à la faillite du capitalisme, seule la classe ouvrière peut changer le monde

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La bourgeoisie française n'a de cesse de proclamer que si les temps sont difficiles aujourd'hui, cela ira mieux demain. Il n'est pas un seul jour sans que les journalistes et autres experts bourgeois ne nous promettent une reprise économique pour l'année prochaine. Le message est clair : la classe ouvrière doit courber l'échine et se serrer la ceinture dans l'attente de lendemains meilleurs. Cela fait maintenant des dizaines d'années que la bourgeoisie nous tient régulièrement les mêmes discours alors que les conditions d'existence des prolétaires, elles, n'ont cessé de se dégrader.
Ces six derniers mois, c'est une véritable déferlante de plans sociaux qui s'est abattue sur la classe ouvrière. On a compté en France (selon les statistiques officielles de la bourgeoisie), au cours de ces derniers mois, 25 000 faillites d'entreprises, 60 000 suppressions d'emplois, 220 000 demandeurs d'emploi supplémentaires, tandis que la courbe du chômage devrait passer la barre des 10% en fin d'année. Une masse croissante d'ouvriers n'ayant plus aucun droit est rayée des statistiques du chômage. Contrairement à ce que prétend la bourgeoisie, ce n'est pas 2,5 millions de chômeurs que compte actuellement la France mais bien plus de 5 millions. Et que dire de cette nouveauté, le RMA (revenu minimum d'activité) ? Un RMA, "qui devrait entrer en vigueur, début 2004, et dont l'objectif est d 'améliorer l'insertion des allocataires du RMI ? La réforme de M. Fillon puise ses racines dans une philosophie précise :'il n'apparaît pas sain qu'une allocation-chômage puisse, sans limitation de durée, indemniser l'absence d'emploi'." (Le Monde du 22 octobre). Quel cynisme ! La réalité est tout autre : avec cette nouvelle attaque frontale contre la classe ouvrière, les chômeurs qui ne pourront retrouver du travail (et qui, avec l'aggravation de la crise, seront de plus en plus nombreux) ne toucheront tout simplement plus rien pour vivre.
Pendant ce temps, un nombre croissant de grandes entreprises licencient massivement : Aventis, STMicroelectronic, Alcatel, Giat-Industries, Eramet, les Télécoms, Alstom... Le rythme de fermeture d'usines s'accélère et, contrairement aux mensonges de la bourgeoisie, cette accélération se poursuivra encore dans les années à venir. Même les plus petites entreprises tant vantées pour leur pseudo-dynamisme économique dégraissent à tour de bras. Frédéric Bruggeman (cité par Le Point et spécialisé dans l'assistance aux comités d'entreprise) ne peut même plus cacher la réalité : "Ce qui est nouveau c'est l'ampleur du mouvement et le fait qu'aucun secteur n'y échappe." En réalité, ce qui est nouveau, c'est l'ampleur de la dégradation des conditions de vie de la classe ouvrière. Ce qui est nouveau, c'est que tous les secteurs ouvriers sont aujourd'hui frontalement et massivement attaqués. Mais la bourgeoisie ne se contente pas de jeter de plus en plus massivement les ouvriers à la rue. Elle a fait des coupes sombres sur les pensions de retraites, amenant les ouvriers à vieillir dans une misère croissante. En s'attaquant à la Sécurité sociale, c'est la capacité des ouvriers à se soigner qui est désormais radicalement remise en cause.
Cette accélération brutale des attaques contre les conditions d'existence de la classe ouvrière signe aujourd'hui la faillite du capitalisme contraignant la classe dominante à démanteler de façon irrémédiable l'Etat "providence".

 

Une manœuvre de l'Etat bourgeois contre l'ensemble de la classe ouvrière

Malgré l'accélération des mesures anti-ouvrières prises par le gouvernement Raffarin depuis la rentrée de septembre, les syndicats sont restés très discrets. Aucune agitation, aucun appel à reprendre la lutte alors qu'en juin dernier, après la grande mobilisation du printemps contre la réforme du système des retraites, les syndicats, FO et CGT en tête, n'ont cessé de claironner que "la rentrée de septembre serait chaude" et que le combat allait redémarrer dès la fin de l'été. Cette rentrée s'est déroulée d'une manière parfaitement calme, les syndicats sont restés parfaitement silencieux. Aucun appel à la mobilisation, aucun appel à la lutte. Ce silence de la part des appareils d'encadrement de la bourgeoisie n'est pas pour nous surprendre. Il est une claire confirmation de la manœuvre de l'Etat bourgeois et de ses syndicats lors des luttes du printemps dernier visant à faire passer l'attaque sur les retraites : provoquer les ouvriers du secteur de l'Education nationale, les enfermer dans une lutte sectorielle et isolée en polarisant leur combativité sur le problème de la décentralisation (voir RI n° 337 et 338). Grâce à cette manœuvre, la bourgeoisie a réussi à infliger une défaite cinglante à toute la classe ouvrière. Elle a réussi à enfoncer un coin dans la tête des prolétaires en leur faisant croire qu'il ne sert à rien de lutter ! Voilà pourquoi les syndicats n'ont pas bronché face aux nouvelles attaques annoncées dès la rentrée. Ils savaient qu'ils avaient réussi leur coup et étaient parvenus à leurs fins : démoraliser la classe ouvrière et lui insuffler un sentiment d'impuissance.

 

La bourgeoisie toujours à l'offensive contre la classe ouvrière

Cependant, si la bourgeoisie a remporté une victoire au printemps dernier, elle sait pertinemment qu'elle n'a pas gagné la guerre de classe. C'est pour cela qu'elle n'est pas restée inactive depuis la rentrée de septembre. La manœuvre entamée au printemps autour de la question des retraites s'est poursuivie à travers une campagne idéologique d'envergure visant en empêcher la classe ouvrière de tirer les leçons de cette défaite et de développer sa prise de conscience de la faillite historique du capitalisme. Voilà les raisons réelles du battage médiatique développé massivement autour de la tenue des journées du Forum Social Européen. A travers le mouvement altermondialiste, la bourgeoisie s'efforce en premier lieu d'empêcher la classe ouvrière de retrouver le chemin de sa propre perspective révolutionnaire face à la faillite du capitalisme. C'est pour cela qu'elle met en avant qu'un "autre monde est possible" mais… uniquement dans le cadre du capitalisme qu'il s'agirait de "réformer"! (voir article sur le FSE).

 

La classe ouvrière doit se préparer à reprendre le chemin de la lutte

Les prolétaires doivent le savoir, si la bourgeoisie française ne relâche à aucun moment sa pression si, de manière continue, elle développe des campagnes d'intoxication idéologique, c'est justement parce que, malgré la défaite de juin dernier, la classe ouvrière garde potentiellement toute sa combativité. Avec ses attaques brutales, massives et simultanées, la bourgeoisie démontre ouvertement que le capitalisme n'a plus rien à offrir à la classe exploitée. Elle est parfaitement consciente du danger que représenterait une telle avancée de la conscience au sein des masses ouvrières. Partout, y compris dans les Etats les plus industrialisés, la misère se répand dans les familles ouvrières en même temps que se déchaînent la barbarie guerrière et le chaos sanglant dans les pays périphériques. Il revient au prolétariat de ne pas accepter cette situation. Lui seul est capable de s'opposer au pourrissement de la société capitaliste. Le prolétariat doit refuser de tomber dans le piège de l'idéologie altermondialiste. Il doit refuser de se laisser entraîner par les trotskistes sur le terrain bourgeois des élections (voir article page 4).
Face à la faillite du capitalisme, un seul monde est nécessaire et possible : la construction de la société communiste. Face à la faillite du capitalisme, une seule force peut changer le monde et offrir un avenir à l'humanité : la classe ouvrière mondiale.

Tino (29 novembre)