Pearl Harbor, les Tours Jumelles et le machiavélisme de la bourgeoisie

See also :

Afficher une version adaptée à l'édition sur imprimanteEnvoyer cet article par mail

 
Dès les premiers instants, la propagande bourgeoise américaine a assimilé l'attentat du 11 septembre sur le World Trade Center à l'attaque japonaise sur Pearl Harbor le 7 décembre 1941. Cette comparaison est chargée d'un impact considérable, à la fois psychologiquement, historiquement et politiquement, car Pearl Harbor a marqué l'entrée directe de l'impérialisme américain dans la Seconde Guerre mondiale. Comme tous les mythes idéologiques bourgeois, quels que soient les éléments de vérité qui leur confèrent une crédibilité superficielle, ce torrent de propagande est truffé de mensonges et se sert de vérités à moitié admises ou déformées. Mais cela n'est pas pour nous surprendre. En politique, la bourgeoisie, en tant que classe, a toujours utilisé les mensonges, les tromperies, la manipulation et les manœuvres. Et ceci est particulièrement vrai quand il s'agit de mobiliser la société pour la guerre totale des temps modernes. Il est quasiment évident que la bourgeoisie n'a pas été véritablement bouleversée par ces attaques dans l'un comme dans l'autre des deux cas mentionnés et qu'elle n'a utilisé cyniquement son battage médiatique sur le nombre important de morts que pour défendre ses intérêts nationaux, pour réaliser ses visées impérialistes et d'autres objectifs politiques à plus long terme.

Le machiavélisme de la bourgeoisie

Chaque fois que le CCI dénonce le machiavélisme de la bourgeoisie, nos critiques nous accusent d'avoir une vision policière de l'histoire. Cependant, ce n'est pas simplement une incompréhension de nos analyses de leur part car, pire encore, ils tombent dans le piège idéologique de la bourgeoisie qui, en particulier à travers ses médias, s'emploie à dénigrer ceux qui tentent de mettre en lumière les combines et tous les procédés qu'elle met en œuvre dans la vie politique, économique et sociale, et cherche à les faire passer pour des théoriciens irrationnels de la conspiration. Cependant, ce n'est plus une controverse que d'affirmer que " les mensonges, la terreur, la coercition, le double jeu, la corruption, les coups d'état et les assassinats politiques " ont toujours constitué le fonds de commerce de la classe exploiteuse au cours de l'histoire, que ce soit dans l'antiquité, sous la féodalité ou le capitalisme moderne. Le mensonge et la manipulation, mécanismes employés par toutes les classes exploiteuses qui ont précédé, sont devenus les caractéristiques centrales du mode de fonctionnement de la bourgeoisie moderne. Celle-ci, utilisant le formidable outil de contrôle social que lui fournit le capitalisme dirigé par l'Etat, a porté le machiavélisme à son plus haut niveau.
Ceci ne veut pas dire que tous les évènements de la société contemporaine sont nécessairement pré-établis par quelque schéma secret préparé par un cercle restreint de leaders capitalistes. Mais même si elle ne le fait pas en complète conscience, la bourgeoisie est plus que capable de formuler des stratégies et des tactiques et d'utiliser les mécanismes de contrôle totalitaire que constitue le capitalisme d'Etat pour les mettre en œuvre. Se voiler la face pour ne pas voir cet aspect de l'offensive de la classe dominante pour contrôler la société est une attitude irresponsable et fait le jeu de notre ennemi de classe.

Le machiavélisme de la classe dominante américaine lors de l'attaque de Pearl Harbor

Pear Harbor offre un excellent exemple de fonctionnement du machiavélisme de la bourgeoisie. Nous bénéficions de plus d'un demi siècle de recherches historiques, d'un certain nombre d'enquêtes militaires ainsi que de celles de partis d'opposition sur lesquelles nous appuyer. Selon le président Roosevelt, le 7 décembre 1941 restera un jour d'infamie, un exemple de la traîtrise japonaise. Cet événement fut utilisé pour mobiliser l'opinion publique en faveur de la guerre en 1941, et il est toujours présenté de la même façon par les médias capitalistes, les manuels scolaires et la culture populaire. Néanmoins, de nombreuses preuves historiques démontrent que l'attaque japonaise fut provoquée consciemment par la politique américaine ; l'attaque ne vint pas par surprise, et l'Administration du président Roosevelt prit consciemment la décision de permettre qu'elle se produise et d'essuyer les nombreuses pertes en vies humaines et en matériel naval, comme prétexte pour assurer l'entrée des Etats-Unis dans la seconde guerre mondiale. De nombreux livres ont été publiés sur cette histoire et de nombreux documents sont accessibles sur Internet[1]. Ici nous allons seulement passer en revue les points les plus importants pour illustrer comment fonctionne le machiavélisme de la bourgeoisie.
En 1941, l'Administration américaine était impatiente d'entrer en guerre contre l'Allemagne, et bien que la classe ouvrière américaine fût complètement prisonnière de l'appareil syndical (au sein duquel le parti stalinien jouait un rôle significatif) imposé d'autorité par l'Etat pour contrôler la lutte de classe dans toutes les industries clefs, et qu'elle fût imprégnée par l'idéologie de l'anti-fascisme, la bourgeoisie américaine devait faire face à une forte opposition à la guerre, pas seulement par la classe ouvrière, mais au sein de la bourgeoisie elle-même. Avant Pearl Harbor, les sondages montraient que 60% de l'opinion publique était opposée à l'entrée en guerre, et les campagnes de groupes isolationnistes tels que " American First " trouvaient un soutien considérable au sein de la bourgeoisie. La décision d'imposer un embargo pétrolier au Japon et le transfert de la flotte du Pacifique, de la côte ouest des USA vers une position plus exposée à Hawaï, ont servi à fournir un motif et une opportunité au Japon de "tirer les premiers" contre les USA, et par là à fournir un prétexte pour une intervention américaine dans la guerre impérialiste. Comme l'a noté le conseiller présidentiel Harold Ickes, dans un mémorandum de juin 1941, "à partir de l'embargo pétrolier sur le Japon, pourrait se développer une situation qui non seulement permettrait mais faciliterait notre entrée en guerre". En novembre 1941, Stimson, Secrétaire d'Etat à la Guerre, a détaillé le plan "pour les amener (le Japon) à 'tirer les premiers' sans trop de dangers pour nous-mêmes".

Le rapport du Comité de l'Armée à Pearl Harbor, daté du 20 octobre 1941, décrit cette décision machiavélique, prise consciemment, de sacrifier des vies humaines et de l'équipement et conclut que "durant cette période décisive, du 27 novembre au 6 décembre 1941, de nombreuses informations nous sont parvenues, au plus haut niveau, au Département d'Etat, au Département de la Marine et de la Guerre, indiquant précisément les intentions des Japonais et incluant l'heure et la date exactes où devait probablement avoir lieu l'attaque"[2].
Ces informations étaient les suivantes :

  • les services secrets US avaient appris le 24 novembre que les "offensives militaires du Japon" étaient prêtes.
  • Ces mêmes services secrets avaient reçu le 26 novembre "des preuves évidentes des intentions japonaises de lancer une guerre offensive contre la Grande Bretagne et les Etats-Unis".
  • Dans un rapport daté aussi du 26 novembre, on signalait "une concentration d'unités de la flotte japonaise dans un port inconnu, prêtes pour une action offensive";
  • le 1er décembre, "des informations précises parvinrent de trois sources indépendantes, selon lesquelles le Japon allait attaquer la Grande Bretagne et les Etats Unis, mais resterait en paix avec la Russie ";
  • le 3 décembre, "les informations selon lesquelles les Japonais détruisaient leurs codes secrets et leurs machines à encoder constituèrent le point culminant de cette révélation complète des intentions de guerre du Japon et de l'attaque imminente. Ceci fut analysé … comme signifiant la guerre immédiate".

Ces informations des services secrets étaient données aux fonctionnaires de plus haut rang du Département d'Etat et de la Guerre, et en même temps à la Maison Blanche, où Roosevelt en personne recevait deux fois par jour des comptes-rendus sur les messages japonais qui étaient interceptés. Alors que les officiers des services de renseignements poussaient à envoyer en urgence une 'alerte à la guerre' au Commandement militaire à Hawaï, pour le préparer à l'attaque imminente, les gros bonnets civils et militaires décidèrent du contraire et au lieu de ça envoyèrent un message que le comité qualifia d'anodin.

La preuve que l'attaque japonaise était connue d'avance fut confirmée par différentes sources, dont des articles de journalistes et des mémoires écrites par les participants. Par exemple, on pouvait lire dans une dépêche de l'agence United Press publiée dans le New York Times du 8 décembre sous le titre " L'attaque était attendue" :
"Il est maintenant possible de révéler que les forces armées des Etats-Unis étaient au courant depuis une semaine que l'attaque allait arriver, et qu'elle ne les a pas prises par surprise." [3]

Dans une interview accordée en 1944, Eleanor Roosevelt, femme du Président, a avoué que "le 7 décembre a été loin de représenter un choc brutal pour le pays, comme on a bien voulu le dire. Cela faisait longtemps qu'on s'attendait à un tel événement"[4]. Le 20 juin 1944, le ministre britannique sir Olivier Littleton a déclaré devant la Chambre de commerce américaine : "le Japon a été poussé à attaquer les Américains à Pearl Harbor. C'est travestir l'Histoire que de dire que l'Amérique a été forcée d'entrer en guerre. Tout le monde sait vers qui allaient les sympathies des Américains. Il est incorrect de parler d'une véritable neutralité de l'Amérique, même avant sa participation aux combats"[5]. Winston Churchill a confirmé la duplicité des dirigeants américains pour l'attaque de Pearl Harbor, dans son livre The Grand Alliance : "Le Président et ses hommes de confiance se rendaient compte depuis longtemps des graves risques que faisait courir aux USA leur neutralité dans la guerre contre Hitler et tout ce qu'il représentait. Ils avaient durement ressenti les contraintes que leur imposait le Congrès, quand quelques mois auparavant, la Chambre des Représentants n'avait renouvelé que d'une seule voix la loi sur le service militaire obligatoire, loi nécessaire sans laquelle leur armée aurait été presque démantelée au milieu des convulsions qui agitaient le monde. Roosevelt, Hull, Stimson, Knox, le général Marshall, l'amiral Stark et Harry Hopkins étaient tous du même avis…Une attaque japonaise sur les Etats Unis allait considérablement simplifier leurs problèmes et leur tâche. Peut-on alors être étonné qu'ils aient pu considérer la forme que prendrait cette attaque ou même son intensité comme bien moins importantes que le fait que l'ensemble de la nation américaine allait se retrouver unifiée dans une juste cause pour défendre sa sécurité, comme elle ne l'avait jamais été auparavant "[6].
Il se peut que Roosevelt n'ait pas anticipé l'étendue des dégâts et des pertes que les Japonais allaient infliger sur Pearl Harbor, mais il est clair qu'il était prêt à sacrifier des vies et des navires américains pour faire naître un sentiment de haine parmi la population et la pousser à la guerre.

L'attentat contre les Tours Jumelles et le machiavélisme de la bourgeoisie

Il est bien sûr plus difficile d'estimer le niveau de machiavélisme de la bourgeoisie américaine dans le cas de l'attentat du World Trade Center, qui a eu lieu il y a un peu plus de trois mois. Mais, comme le montre l'histoire de la classe dominante, en particulier les évènements de Pearl Harbor, une telle possibilité est tout à fait envisageable. Si nous examinons les récents évènements, en nous basant uniquement sur ce qu'en ont rapporté les médias -qui, comme par hasard se trouvent être complètement embrigadés dans l'offensive politique et impérialiste actuelle du gouvernement, et à laquelle ils apportent leur soutien- nous pouvons certainement étayer une telle hypothèse.

Premièrement, sur le plan politique, il ne fait aucun doute que c'est en premier lieu à la classe dominante américaine que profite le crime. Cette seule constatation suffit à faire naître des suspicions sur l'attentat du World Trade Center. Promptement et sans la moindre hésitation, la bourgeoisie américaine a utilisé à son avantage les événements du 11 septembre pour faire avancer ses projets tant au niveau national qu'international : mobilisation de la population derrière l'état de guerre, réaffirmation de l'Amérique comme superpuissance face à la tendance générale de chaque pays à jouer sa propre carte sur l'arène internationale. Ainsi, par exemple :

  • Immédiatement après l'attentat, l'appareil politique américain et les médias ont été réquisitionnés pour mobiliser la population en vue de la guerre, dans un effort concerté pour surmonter ce qu'on appelle le "syndrome du Vietnam" qui, depuis trois décennies, a empêché l'impérialisme américain de faire la guerre. L'éditorial d'une édition spéciale du magazine Time, publiée immédiatement après l'attentat montre bien comment la campagne actuelle de psychose guerrière a été orchestrée. Le titre développé par ce numéro : "Jour d'infamie", invoque, dès le début, la comparaison avec Pearl Harbor. Un article éditorial de Lance Morrow, intitulé "Fureur et châtiment", a souligné les détails de la campagne idéologique qui a suivi, illustrant comment les propagandistes de la classe dirigeante avaient compris tous les bénéfices qu'ils pouvaient tirer du World Trade Center par rapport aux attentats précédents : "Nous ne pouvons vivre un jour d'infamie sans que nous vienne un sentiment de fureur. Libérons notre fureur ! Nous avons besoin d'un sentiment de rage comparable à celui qui a suivi Pearl Harbor ! Une indignation sans pitié qui ne s'évanouira pas au bout d'une ou deux semaines… C'était du terrorisme proche de la perfection dramatique. Jamais le spectacle du Mal n'aura atteint une intensité aussi forte. Normalement, le public n'en voit que les résultats encore fumants : l'ambassade détruite par une explosion, les casernes en ruines, le trou noirâtre à la coque du navire. Cette fois, le premier avion percutant la première tour a attiré notre attention. Il a alerté les médias, a convoqué les caméras pour pouvoir enregistrer la deuxième explosion éclatante de surréalisme… Le Mal possède un instinct théâtral, et c'est pourquoi à une époque où les médias sont si doués pour le mauvais goût, il peut exagérer ses dégâts par le pouvoir des images horrifiantes"[7].
  • Au même moment, l'appareil politique bourgeois a déployé et mis en œuvre ses plans pour renforcer l'appareil répressif de l'Etat.
  • Du jour au lendemain, la crise terroriste est devenue une excuse pour l'aggravation de la récession économique et une justification pour les coupes sombres dans le budget des programmes sociaux.
  • Au niveau international, le but réel de la guerre contre le terrorisme n'est pas tant de le détruire, mais de réaffirmer avec force la domination impérialiste de l'Amérique, qui reste la seule superpuissance dans une arène internationale caractérisée par de plus en plus de défis à l'hégémonie américaine.

Deuxièmement, alors que la version officielle autorisée de la réalité proclame que les USA ne s'y attendaient absolument pas, il est au contraire déjà possible, en se basant uniquement sur les médias bourgeois, de rassembler des éléments de preuve d'une possibilité forte de machiavélisme de la bourgeoisie américaine afin de laisser faire ces attentats :

  • Les forces qui semblent avoir perpétré l'attentat du World Trade Center n'étaient peut-être pas sous le contrôle de l'impérialisme américain, mais ils étaient certainement connus des services secrets US, et en fait à l'origine ils étaient des agents de la CIA, au cours de la guerre livrée par cliques afghanes interposées contre l'impérialisme russe en 1979-1989.
  • Depuis 1996, le FBI enquêtait sur la possibilité que des terroristes utilisent des écoles de pilotage américaines pour apprendre à voler sur des jumbo-jets : la manière d'opérer des terroristes avait été anticipée par les autorités[8].
  • L'appartement en Allemagne où l'attentat avait été planifié et coordonné, était sous la surveillance de la police allemande depuis plus de trois ans.
  • Le FBI, ainsi que d'autres agences de contre-espionnage américaines, avaient reçu des avertissements et intercepté des messages selon lesquels un attentat terroriste était prévu, coïncidant avec l'anniversaire de la cérémonie à la Maison Blanche entre Clinton, Rabin et Arafat. Les services secrets israéliens et français avaient prévenu les Américains. Donc les autorités US avaient certainement une idée de quand l'attentat aurait lieu. Peut-être n'était-il pas évident que la cible allait être le World Trade Center, mais celui-ci avait déjà été visé par des terroristes islamistes dans un attentat en 1993, en tant que symbole du capitalisme américain.
  • En août, le FBI a arrêté Zacarias Moussaoui, qui avait fait naître des suspicions quand il cherchait à s'entraîner dans une école de pilotage dans le Minnesota, ayant déclaré qu'il n'était pas intéressé d'apprendre le décollage ou l'atterrissage.
  • Mohammed Atta, l'organisateur supposé du 11 septembre, qui a prétendument piloté le premier avion ayant percuté les Twin Towers, était sur la liste des terroristes à surveiller du Département d'Etat, mais a été autorisé à plusieurs reprises à quitter les Etats-Unis et à y revenir durant ces deux dernières années. Il a même été sous surveillance pendant 5 mois après avoir acheté des produits chimiques permettant de fabriquer des bombes. En janvier 2001, il a été détenu pendant 57 minutes par les services de l'immigration à cause de problèmes de visa. Il a aussi été conduit trois fois au poste par la police de Floride pour des infractions au code de la route. Mais, à chaque fois, il a été relâché. Les autorités étaient-elles incompétentes ou était-il protégé ?
  • Les USA préparaient secrètement le terrain pour une guerre en Afghanistan depuis près de trois ans, en fait depuis les attentats terroristes contre les ambassades américaines en Tanzanie et au Kenya en 1998. Le président Clinton avait autorisé la CIA à initier des contacts secrets et des négociations avaient commencé avec les républiques de l'ex-URSS, l'Ouzbekistan et le Tadjikistan, pour installer des bases militaires, fournir un support à des opérations et rassembler des renseignements en vue d'actions contre Ben Laden et les Talibans.
  • Il est aussi plausible que les USA aient délibérément poussé Ben Laden à lancer une attaque contre eux. Le journal The Guardian du 22 septembre nous amène à cette hypothèse : "Une enquête du journal a établi qu'Oussama Ben Laden et les Talibans avaient reçu des menaces d'une possible attaque militaire des USA deux mois avant les attentats terroristes contre New York et Washington. Le Pakistan avait averti le régime en place en Afghanistan de la menace d'une guerre, à moins que les Talibans ne livrent Oussama Ben Laden…Les Talibans refusèrent de se soumettre, mais la gravité des avertissements qu'ils reçurent laisse planer la possibilité que l'attentat contre le World Trade Center à New York et contre le Pentagone, au lieu d'avoir été préparé de longue date par Ben Laden, était en fait une attaque préventive, en réponse à ce qu'il considérait comme une menace des USA. Cet avertissement en destination des Talibans a été lancé au cours d'une réunion de quatre jours, rassemblant des Américains, des Russes, des Iraniens et des Pakistanais dans un hôtel de Berlin, à la mi-juillet. Cette conférence, la troisième d'une série surnommée "Brainstorming sur l'Afghanistan", faisait partie d'une sorte de mise en scène appelée 'voie diplomatique n° 2' ". En d'autres termes, il est tout à fait possible que non seulement les USA n'aient pas vraiment essayé d'empêcher l'attentat commis par Ben Laden, mais aussi que par cette 'voie diplomatique' semi-officielle, ils l'aient délibérément provoqué, lui ainsi que les Talibans, à entreprendre une action pouvant alors justifier une réponse militaire américaine.
  • La bourgeoisie a grossi artificiellement le nombre de morts à des fins de propagande, mettant le total des pertes en vies humaines à environ 6000, soit deux fois plus qu'à Pearl Harbor. Cependant, il y a des indications que ces statistiques, apportant à la propagande leur poids émotionnel, sont grandement exagérées. Des comptages établis par des agences de presse indépendantes ont évalué le total entre 2500 et 2900, et la Croix-Rouge américaine, qui distribue des aides financières aux familles des victimes, n'a traité que 2563 demandes.
  • Le gouvernement américain n'a jamais révélé publiquement les preuves de la responsabilité de Ben Laden dans les attentats. Récemment, Bush a annoncé que s'il était capturé vivant, Ben Laden serait jugé à huis clos par un tribunal militaire, pour ne pas rendre publiques les origines des preuves contre lui. Rumsfeld, Secrétaire à la Défense, a clairement indiqué qu'il préférait que Ben Laden fût tué plutôt que capturé vivant, dans le but d'éviter un procès. Il est donc tout à fait naturel de se demander pourquoi les USA tiennent tellement à ce que ces soi-disant preuves évidentes soient gardées secrètes.

Tout ceci ne constitue pas la preuve en positif que l'Administration américaine, ou peut-être la CIA, étaient à l'avance au courant des attentats contre les Twin Towers et ont fait en sorte qu'ils aient lieu, ou qu'ils avaient une idée précise de l'étendue des dégâts et des pertes en vies humaines qui en découleraient. Mais il n'est pas nécessaire de 'voir des complots partout' pour avoir de tels soupçons. Nous laissons aux historiens le soin d'enquêter plus en détail au cours des années à venir, mais nous ne serions ni surpris ni choqués d'apprendre que la bourgeoisie américaine a accepté d'être la victime des attentats du World Trade Center pour satisfaire, à sa convenance, ses intérêts politiques.

JG

[1] Voir le site : http://www.geocities.com/Pentagon/6315/pearl/html pour une chronologie documentée des évènements et des liens vers d'autres sites.
[2] Army Board Report, "Pearl Harbor Attack", Part 29, pages 221-230.
[3] New York Times, 8 décembre 1944, page 13.
[4] New York Times Magazine, 8 octobre 1944, page 41.
[5] Prang, Pearl Harbor: Verdict of History, pages 39-40.
[6] Winston Churchill, The Grand Alliance, page 603.
[7] Time Magazine, numéro spécial, septembre 2001.
[8] The Guardian, "FBI failed to find suspects named before hijackings", 25 septembre 2001.