Attentats terroristes à New-York et Washington - Le capitalisme mondial entraîne l'humanité vers la barbarie

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Prises de position de nos camarades d'Internationalism, section du CCI aux Etats-Unis,
suite aux tragiques événements du 11 septembre.

Contre la psychose guerrière de la bourgeoisie,
opposons la guerre de classe


Le capitalisme mondial entraîne l'humanité vers la barbarie

Aujourd'hui, chacun de par le monde est au courant des événements tragiques qui ont coûté des milliers de vies et causé de terribles destructions à la ville de New York, la soi-disant "capitale du monde", et au Pentagone, quartier général des forces armées américaines à Washington et symbole de la puissance du capitalisme américain. Ces milliers de morts pour rien (la plupart des ouvriers), les destructions matérielles, ce mépris total pour la vie humaine, la folie de ceux qui ont perpétré ces actes les conduisant eux-mêmes vers la mort, tout cela est l'expression de l'impasse d'un système social qui chaque jour entraîne l'humanité dans la spirale sans fin de la barbarie et s'enfonce de plus en plus dans la décomposition. Jamais auparavant la population américaine n'avait fait l'expérience d'une catastrophe de cette importance, provoquée par des hommes, sur son propre territoire. La guerre et la destruction, c'était toujours pour les "autres", spécialement quand l'impérialisme américain était responsable de la destruction de pays et de leurs populations.

C'est pourquoi, à la suite de ces événements, il règne parmi la classe ouvrière américaine et la population dans son ensemble, un véritable sentiment de terreur, d'impuissance et de désespoir, mêlé à un sentiment de solidarité envers les victimes directes de ces événements barbares. Cependant, l'ambiance qui domine de plus en plus la société aujourd'hui, c'est la manipulation par la classe dominante de la situation créée par cette tragédie, pour réactiver la haine et le patriotisme, pour inciter aux sentiments nationalistes les plus vils, dans le but d'unir les citoyens derrière l'Etat, et donc de faire en sorte que la population accepte la militarisation de la société et les sacrifices requis par les aventures impérialistes américaines dans le monde.

Une arme de la bourgeoisie contre la classe ouvrière

Il ne fait aucun doute que la classe dominante remporte un succès immédiat en tournant cette tragédie à son avantage. La xénophobie la plus écoeurante et les attitudes vengeresses et sanguinaires ont été exprimées par tous les secteurs de la population. Le sentiment d'unité nationale, l'identification de la population avec l'Etat, n'ont jamais été si importants au cours de cette génération. Il y a un grand danger d'accélération et d'escalade dans toutes ces expressions de la barbarie sociale. Dans ce contexte, la classe ouvrière -seule force sociale capable de mettre fin à la folie du capitalisme mondial- doit faire face aujourd'hui à d'énormes responsabilités. Il lui faut comprendre la situation actuelle à partir de sa propre perspective de classe.

Les révolutionnaires ont toujours condamné le terrorisme comme étranger aux méthodes de lutte de la classe ouvrière contre le capitalisme. Ils ont toujours dénoncé le terrorisme -quand il n'est pas lui-même le produit de la manipulation des hauts dirigeants de l'appareil d'Etat- comme étant au mieux un acte de désespoir de couches de la société sans avenir, qui n'ont rien de positif à offrir à la société dans son ensemble, et à la classe ouvrière en particulier. En dernière analyse, les actes terroristes ne font que renforcer l'Etat, spécialement son contrôle sur la société et son appareil répressif, ce que les actes terroristes étaient supposés attaquer en premier lieu.
Les actions terroristes ont toujours été utilisées par la classe dominante pour renforcer sa domination sur la société. D'une part, l'Etat accentue inévitablement sa répression sous prétexte de lutter contre le terrorisme, entraînant alors une militarisation de la société, caractéristique du capitalisme décadent. D'autre part, au niveau idéologique, l'Etat utilise la peur, l'angoisse et la terreur causées par l'action terroriste comme moyen de rallier la population autour de la défense de l'Etat national, en s'appuyant lourdement sur ses "mass media" dans ce but.

Ces vieilles leçons sont confirmées par les récents événements.
Qui tire bénéfice de ce récent carnage, sinon l'Etat américain ?

  • Premièrement, nous subissons un accroissement de la militarisation de la société et de la répression comme nous ne l'avons pas vu au cours de cette génération.
  • Deuxièmement, en s'appuyant sur les sentiments de patriotisme et d'unité nationale réanimés par ces événements et sous la bannière de la "défense de la civilisation" contre le terrorisme, la bourgeoisie américaine se prépare à partir en guerre -en réalité non pas pour combattre le terrorisme mais pour défendre ses plus sordides intérêts impérialistes- et demande à la classe ouvrière, sans aucune honte, de faire les sacrifices nécessaires pour cette aventure.
  • Troisièmement, à un moment où l'approfondissement de la crise économique est accompagné par la perspective de troubles sociaux et de reprise de la lutte de classe, ce qui a causé quelque inquiétude aux dirigeants économiques, voyant là un problème posé par la "manière de gouverner" du président Bush, la classe dirigeante a trouvé dans ces attentats une excuse parfaite pour faire accepter par les ouvriers une dégradation de leur niveau de vie et de leurs conditions de travail, au nom de l'unité nationale. C'est le fléau du terrorisme et non pas le système capitaliste qui va être rendu responsable de l'aggravation de la récession économique et des souffrances qu'elle va apporter.

La fuite en avant du capitalisme dans la barbarie guerrière

Dans sa course à la guerre, la classe dominante veut se poser en représentant de la civilisation contre la barbarie, comme une nation pacifique, mue par les plus beaux principes de "démocratie", de "liberté", et autres merveilles du capitalisme. En même temps, elle veut que sa population, et en particulier la classe ouvrière qui va payer de sa personne les sacrifices imposés par la guerre, voit l'"ennemi" comme étant des barbares poussés par le "mal", le "fanatisme" et la folie. La classe ouvrière n'a rien à gagner à choisir un camp contre l'autre. Le capitalisme est mal placé pour se poser en personnification de la civilisation, surtout pas après avoir, pendant un siècle, plongé l'humanité dans des massacres et des destructions en masse, incluant deux guerres mondiales et de nombreux conflits qui ont coûté la vie à plus de cent millions de personnes, et provoqué l'accélération de la décomposition de la société ainsi que la destruction de l'environnement.

En vérité, c'est le capitalisme lui-même qui nourrit et manipule le terrorisme. Il n'y a pas de différence de nature entre, d'un côté les destructions et les morts causées par les actions terroristes des groupes et des Etats islamistes ou de l'IRA en Irlande, et d'un autre côté les destructions rayant des pays entiers de la carte, commises par les démocraties civilisées. Elles sont toutes les deux l'évidence que le capitalisme conduit le monde vers une impasse. De ce point de vue, la tragédie de New York et de Washington, touchant deux endroits situés au centre même du système capitaliste mondial, à qui jusqu'à présent avaient été épargnés les pires effets de la décomposition du capitalisme, signifie en réalité que nous nous enfonçons encore plus profondément dans la spirale de la barbarie capitaliste. A partir de maintenant, il n'y aura plus de "havre protégé", les centres mêmes du capitalisme vont faire l'expérience du chaos et de la folie qui, depuis des décennies, apportent la souffrance aux pays de la périphérie.

L'hypocrisie des démocraties "anti-terroristes" assoiffées de sang, qui en ce moment se préparent à la guerre contre l'Afghanistan, pays frappé par la plus extrême pauvreté, sous le prétexte qu'il abrite Oussama Ben Laden et ses partisans, se révèle par le fait que c'est l'impérialisme américain à travers la CIA, qui a entraîné et financé Ben Laden et les Talibans pour les faire se battre à sa place contre l'impérialisme russe en Afghanistan dans les années 1970-80. Inévitablement, les vraies victimes de cette guerre contre le terrorisme ne seront pas les terroristes eux-mêmes, mais les milliers de paysans innocents et de miséreux dont les morts ne seront considérés que comme "dommages collatéraux". Ces morts, causés par l'impérialisme occidental, ne serviront qu'à justifier plus de terrorisme dans les métropoles, ce qui accélérera encore plus la chute de l'humanité dans la barbarie, sous les auspices du capitalisme mondial.

Les ouvriers du monde entier n'ont ni Etat ni pays à défendre. Contre les cris de guerre de nos exploiteurs, contre leurs tentatives sordides de dénaturer les tendances naturelles vers la solidarité humaine en un nationalisme le plus chauvin et le plus méprisable, notre seul intérêt est de faire revivre la guerre de classe contre l'exploitation et de mettre enfin un terme à cette prétendue "civilisation capitaliste" qui entraîne l'humanité vers la barbarie et sa propre destruction.

Internationalism, organe du CCI aux Etats-Unis (16 septembre)