Anvers

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Coordonnées de la Rencontre
Type de rencontre: 
Réunion publique
Date: 
Samedi, Mars 25, 2017 - 14:00 - 18:00
Adresse: 
salle café Multatuli, Lange Vlierstraat 9, 2000 Anvers, Belgique
Thème: 
Brexit, Trump président: la marque d’un système capitaliste mondial moribond
Introduction: 
Dans l’ancienne Rome, les empereurs fous étaient davantage la règle que l’exception. Peu d’historiens doutent désormais que c’était le signe de la décrépitude générale de l'Empire. Aujourd'hui, un clown effrayant a été fait roi de l’État le plus puissant du monde, et pourtant personne ne semble comprendre que c’est le signe que la civilisation capitaliste a également atteint un stade avancé de décadence. Le surgissement du populisme dans les épicentres du système, qui nous a apporté en un court laps de temps à la fois le Brexit et la victoire de Donald Trump, exprime le fait que la classe dominante est en train de perdre le contrôle de la machine politique qu’elle a durant des décennies utilisée pour contrôler la tendance naturelle du capitalisme à son propre effondrement. Nous assistons à une énorme crise politique, produite par la décomposition qui s’accélère de tout l’ordre social, du fait de la complète incapacité de la classe dominante à offrir à l’humanité une quelconque perspective pour le futur. Mais le populisme est aussi un produit de l’incapacité du prolétariat, la classe exploitée, à mettre en avant une alternative révolutionnaire, avec pour résultat qu’il existe un grave danger d’être entraîné dans une réaction basée sur la rage impuissante, la peur, la transformation de minorités en boucs-émissaires, et l’illusoire recherche d’un retour à un passé qui n’a jamais vraiment existé. * Trump symbolise une bourgeoisie qui a véritablement perdu toute perspective pour la société actuelle. Sa vanité et son narcissisme ne signifient pas qu’il soit lui-même fou, mais il personnifie la folie d’un système qui a usé toutes ses options, sauf celle de la guerre mondiale. Malgré sa décadence, la classe dominante depuis un siècle a été capable d’utiliser ses propres appareils politique et militaire –en d’autres termes, son intervention consciente en tant que classe– pour empêcher une complète perte de contrôle, un dernier effort face à la tendance inhérente au capitalisme de se précipiter vers le chaos. Même s’il ne faut pas sous-estimer la capacité de notre ennemi de trouver de nouvelles solutions temporaires, les limites de ce contrôle font surface. * Ce qui caractérise avant tout le Brexit, Trump et le populisme en général est leur imprévisibilité. Il parle de libérer le businessman américain de la bureaucratie, mais il a aussi parlé d’un programme massif de restauration des infrastructures dans les centre-villes, de constructions de routes, d’écoles et d’hôpitaux, de revitalisation de l’industrie des carburants fossiles en abolissant les limites imposées par la protection environnementale. Il s’est engagé à expulser des millions d’immigrants illégaux, alors même qu’une grande part de l’économie américaine dépend de cette main-d’œuvre bon marché. En matière de politique étrangère, il a combiné le langage de l’isolationnisme et du retrait à celui de l’interventionnisme, tout en promettant d’augmenter les budgets militaires. * Au niveau international, la victoire de Trump ressemble, comme il l’a dit lui-même, à un « Brexit plus plus plus ». Elle a déjà donné une impressionnante impulsion aux partis populistes de droite en Europe occidentale, déjà au Front National en France alors que se profilent les élections présidentielles de 2017. Ces partis veulent se retirer des organisations multilatérales du commerce et mettre en place un protectionnisme économique, avec en conséquence plus d’instabilité et de « chacun pour soi ». * Mais l’élément peut-être le plus important de la victoire de Trump a été la rage contre l’« élite » néo-libérale, elle-même identifiée à la globalisation et à la financiarisation de l’économie, des processus macro-économiques qui ont enrichi une petite minorité aux dépends de la majorité. Le vote pour le Brexit et pour Trump était avant tout un vote contre ; contre l’inégalité de plus en plus grande, contre un système dont les ouvriers considèrent qu’il les a privés, eux et leurs enfants, de tout futur. Mais cette opposition avait surtout pour arrière-plan l’absence totale de tout mouvement réel de la classe ouvrière, et elle a donc été encadré et a nourri la vision populiste qui reproche aux élites d’avoir vendu le pays à des investisseurs étrangers. Le problème pour notre classe est que l’évidente banqueroute de la bourgeoisie à tous les niveaux –économique, politique, moral– ne génère pas, à l’exception du tout petit groupe de révolutionnaires, de critique révolutionnaire du système, mais est plutôt dévoyée dans la rage et le poison de la division dans nos rangs. Cela entraîne une sérieuse menace pour la possibilité future de remplacer le capitalisme par une société humaine.
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