II - LE STALINISME FER DE LANCE DE LA CONTRE-RÉVOLUTION MONDIALE

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La vague révolutionnaire du prolétariat mondial qui a surgi au cours et au lendemain de la première boucherie impérialiste  est l'épisode qui a été le plus loin dans la confrontation historique, dans la lutte à mort, entre les deux classes antagoniques de la société capitaliste : la bourgeoisie et le prolétariat. En effet, durant ces quelques années, la classe ouvrière a été bien près de renverser la bourgeoisie et son système d'exploitation car, sans conteste, celle-ci s'est retrouvée avec le couteau du géant prolétarien sur la gorge, ce qui l'obligea à redoubler de ruse, de violence, pour sauvegarder son système pourtant absurde et barbare jusqu'à l'inouï.

C'est au prolétariat russe que revint l'insigne honneur de relever la tête en premier. A partir de 1917, refusant la guerre, ses privations, il se lança à l'assaut du ciel en affirmant la perspective historique de la classe ouvrière : la révolution communiste, véritable salut de toute l'humanité.

Prise à la gorge, menacée d'être renversée par le flot impétueux de la révolution qui gagnait inexorablement l'Europe, la bourgeoisie se vit contrainte d'interrompre la guerre pour mieux faire face au danger prolétarien.

A la fin de l'année 1918, le prolétariat allemand se lançait à son tour à l'assaut, s'attelant à la tâche de porter en Europe de l'ouest la flamme de la révolution que le prolétariat russe avait allumée en 1917. Ce soulèvement d'un bataillon décisif du prolétariat international fut impitoyablement écrasé par l'Etat bourgeois allemand dirigé par la social-démocratie et cela avec la complicité active des "grandes démocraties". Les tentatives d'étendre la vague révolutionnaire échouèrent avec cette défaite. La bourgeoisie mondiale était désormais capable de parachever sa contre-offensive en concentrant toutes ses forces contre la révolution russe.

Isolée par l'échec de la révolution mondiale, décimée par les combats et les disettes, la classe ouvrière de Russie n'a pu conserver le pouvoir qu'elle avait pris entre ses mains en octobre 1917. Elle pouvait encore moins construire le socialisme. C'est la victoire de la contre-révolution à l'échelle mondiale qui va donner naissance à la contre-révolution stalinienne en Russie même.

Contrairement, donc, à tous les mensonges bourgeois véhiculés depuis soixante-dix ans, le stalinisme n'est pas le produit de la révolution d'Octobre mais bel et bien le fils naturel du capitalisme décadent et de la contre-révolution bourgeoise.