Sylvia Pankhurst: pourquoi les révolutionnaires sont contre le Parti travailliste

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Dans la lutte pour former un Parti communiste en Grande-Bretagne au cours de la vague révolutionnaire de 1917-23, l’aile gauche, dirigée par le petit groupe autour de Sylvia Pankhurst et du Workers’ Dreadnought1, était la plus clair sur le danger que représentait le Parti travailliste pour la révolution ouvrière.

Après quelques hésitations initiales en 1914, le Parti travailliste rejoignit les rangs des « social-chauvins » et devint le partisan de l'impérialisme britannique dans le massacre. Cet extrait d'un article2 écrit par Sylvia Pankhurst en 1920 qualifie toujours le Parti travailliste de « réformiste » plutôt que de parti capitaliste, mais il dénonce très clairement son rôle contre-révolutionnaire dans l'État capitaliste.

En opposition au programme social-patriotique du Parti travailliste, le Workers’ Dreadnought défendit le nécessaire renversement du capitalisme et la dictature de la classe ouvrière à travers les soviets comme une étape vers l'abolition du salariat et l’avènement du communisme.

« Les partis réformistes sociaux-patriotes, comme le Parti travailliste britannique, ont partout aidé les capitalistes à maintenir le système capitaliste, pour l'empêcher de se briser sous le choc de la Grande Guerre qu’il a causé et l'influence croissante de la Révolution russe. Les partis sociaux-patriotiques bourgeois, qu’ils appellent eux-mêmes travaillistes ou socialistes, travaillent partout contre la révolution communiste, et ils sont plus dangereux pour elle que les capitalistes agressifs parce que les réformes qu'ils cherchent à introduire peuvent maintenir le régime capitaliste pendant un certain temps. Lorsque les réformistes sociaux-patriotiques arrivent au pouvoir, ils se battent contre la révolution ouvrière avec une détermination aussi forte que celle affichée par les capitalistes, et même plus efficacement car ils comprennent les méthodes, les tactiques et certains idéaux de la classe ouvrière.

Le Parti travailliste britannique, comme les organisations social-patriotiques d'autres pays, parviendra, avec le développement naturel de la société, inévitablement au pouvoir. Il est nécessaire que les communistes bâtissent les forces qui renverseront les sociaux-patriotes, et dans ce pays nous ne devons ni retarder ni avoir la moindre hésitation face à cette tâche.

Nous ne devons pas dissiper notre énergie en permettant au Parti travailliste de se renforcer ; sa montée en puissance est inévitable. Nous devons nous concentrer sur la construction d’un mouvement communiste qui le vaincra.

Le Parti travailliste formera bientôt un gouvernement ; l'opposition révolutionnaire doit se préparer à l'attaquer. »

Extrait de : Vers un Parti communiste, Workers' Dreadnought, le 21 février 1920.

1 Le Workers' Dreadnought était un journal fondé par le courant de Sylvia Pankhurst et publié entre 1914 et 1924.

2 Traduit par nous de l’anglais.