Les difficultés de la bourgeoisie américaine après les élections de mi-mandat

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Nous publions ci-dessous un article d'Internationalism, organe de presse du CCI aux Etats-Unis montrant comment la bourgeoisie américaine, touchée par les effets de la décomposition, est de plus en plus divisée. Une partie d'entre-elle est même en train de se vautrer dans l'obscurantisme le plus crasse. Mais par ce texte, nos camarades révèlent aussi à quel point la crise économique frappe de plein fouet la première puissance mondiale sans qu'aucune issue ne soit envisageable pour le capital américain.

 Les élections de la mi-mandat de la fin 2010 ont été désastreuses pour le Parti démocrate. Les Républicains ont gagné à une forte majorité la Chambre des Représentants, ce qui leur donne la capacité de faire obstruction à toute loi qui doit passer par les deux chambres du Congrès.

Pour les médias bourgeois, ces élections ont mis les Républicains dans une position favorable pour gagner les présidentielle de 2012 face à Barak Obama. Le président américain a d'ailleurs lui-même admis qu'il avait subi une lourde défaite électorale et a promis de faire de son mieux pour travailler avec les Républicains au Congrès. Pendant ce temps, la gauche du Parti démocrate, dit 'progressiste', chantait un air différent, faisant valoir que les résultats des élections s'expliquaient au contraire par l'effondrement de la coalition électorale du président à cause de son manque de prudence face à l'obstructionnisme républicain, de sa trahison par rapport au programme national de santé et de son programme pro Wall-Street.
Cependant, il n'y a pas eu que de bonnes nouvelles pour les Républicains. Les élections ont aussi mis en lumière des fractures importantes en leur sein. Le poids croissant du Tea Party dans les rangs du Parti lui a sans doute coûté son contrôle du Sénat. Bien que la démagogie du Tea Party ait été utile pour la mobilisation de la base du parti conservateur dans la Chambre des Représentants des districts, elle a aussi détourné de nombreux électeurs. Pourtant, un certain nombre de républicains provocateurs, tels que l'extrémiste libertaire Paul Rand, du Kentucky, auront des sièges au Sénat lorsque le nouveau Congrès se réunira en janvier 2011. Le Parti républicain entrera donc de plus en plus divisé dans le nouveau Congrès, son aile droite apparaissant autant en contradiction avec les 'républicains modéré' qu'avec les démocrates.
Il est clair que le système politique est soumis à un stress face une crise économique persistante qui ne va pas disparaître, quoique fasse la bourgeoisie. Le chômage reste extrêmement élevé, le crédit est encore en grande partie gelé, les entreprises ne trouvent tout simplement plus à investir de manière rentable, la capacité de consommation de la classe ouvrière est fortement réduite par l'effondrement des prêts à la consommation… Pendant ce temps, la bourgeoisie commence enfin à prendre conscience de l'ampleur de la menace que représente la dette nationale ; des gouvernements locaux et des Etats se trouvent face de graves déficits budgétaires.
Alors, qu'est-ce que tout cela signifie pour la classe ouvrière ? Le prolétariat n'a jamais rien à gagner dans les élections bourgeoises. Les élections sont des moments de la vie de la bourgeoisie où elle tente toujours de lier la classe ouvrière à l'Etat, de régler les conflits internes dans ses rangs et de mettre au pouvoir l'équipe la mieux adaptée au moment. Cependant, la classe ouvrière a un besoin vital de comprendre la stratégie politique de la classe dominante.

Aujourd'hui, le poids néfaste de la décomposition sociale sur l'appareil politique de la bourgeoisie donne lieu à une difficulté croissante pour la classe dirigeante pour gérer son système politique et électoral pour obtenir les meilleurs résultats possibles du point de vue de l'ensemble du capital national. La tendance croissante au 'chacun pour soi' dans l'arène de la politique pèsent aujourd'hui lourdement sur la bourgeoisie américaine. Quelle profondeur la crise politique de la bourgeoisie a-t-elle atteint ? Telle est la question essentielle pour la classe ouvrière quand il s'agit de l'analyse des élections bourgeoises.

Les contradictions de la politique économique bourgeoise : austérité ou stimulation ?

Selon les médias bourgeois, les experts sont divisés sur ce que devrait être la politique économique la plus urgente dans la conjoncture actuelle. D'une part, les 'chasseurs de déficit' affirment que la dette nationale des Etats-Unis est entrée dans une spirale non contrôlable qui menace sur le long terme la position de la nation en tant que leader impérialiste mondial. Pour ces économistes, le besoin le plus pressant face l'Etat est d'adopter des mesures d'austérité douloureuses pour réduire les dépenses fédérales, de promulguer des coupes claires dans les programmes sociaux, de réduire les effectifs du gouvernement fédéral, de rationaliser le code des impôts et de rendre sa solvabilité à l'Etat. Selon cette ligne de pensée, si la dette n'est pas sous contrôle, les Etats-Unis finiront par se trouver face à une crise de la dette souveraine de l'ordre de ce que la Grèce et l'Irlande connaissent aujourd'hui. En voyant les Etats-Unis comme un mauvais investissement, comme un pays qui refuse de prendre les mesures nécessaires pour assainir ses finances, les investisseurs étrangers cesseront d'acheter des bons du trésor ce qui coupera l'herbe sous les pieds du modèle 'emprunter et dépenser' qui a maintenu les pays à flot pendant au moins la dernière décennie. Le récent rapport de la Commission Présidentielle de la Dette, allant dans le même sens, a appeler à relever l'âge de la retraite, à réaliser des coupes de la sécurité sociale, l'élimination du crédit d'impôt hypothécaire, la réduction du personnel fédéral et même certaines réductions du budget militaire, afin de réduire la dette nationale.
D'autre part, des économistes de gauche, comme Paul Krugman et Robert Reich, font valoir que les inquiétudes concernant la dette fédérale, même si elles portent sur un problème réel, sont exagérées. Pour eux, la priorité pour l'Etat est de faire redémarrer l'économie en adoptant des programmes de relance expansionnistes afin de stimuler les dépenses de consommation et créer des emplois. Selon cette perspective, l'économie américaine souffre d'un grave problème de 'sous-consommation', les salaires de la classe ouvrière ont été tellement réduits qu'ils ne peuvent tout simplement pas se permettre d'acheter ce qui est produit. Bien que ce problème ait été supprimé au cours des 20 dernières années grâce à un recours massif au crédit à la consommation, cette logique suit maintenant son cours. Selon la thèse du couple Reich-Krugman, une autre série de relances keynésiennes est nécessaire pour mettre plus d'argent dans les poches des consommateurs, permettant la croissance de l'économie et la retombée du chômage. Adopter une politique d'austérité forte et trop vite pourrait être un désastre.
Il n'est pas nécessaire de beaucoup réfléchir pour reconnaître que, dans le court terme, ces deux politiques sont en complète contradiction l'une par rapport l'autre. L'une appelle à contracter l'économie afin d'améliorer, sur le long terme, la position budgétaire de l'Etat, tandis que l'autre prend le risque d'empirer la dette nationale dans le but d'améliorer, dans l'immédiat, la consommation et donc l'économie. Cependant, il n'y a rien de surprenant à ce que deux factions différentes d'économistes expriment deux visions contrastées des priorités les plus importantes pour l'Etat. Cela reflète simplement la contradiction fondamentale dans laquelle se trouve aujourd'hui le capitalisme sur le plan international. Après prêt de cent années d'authentique capitalisme d'Etat, presque tous les Etats se trouvent confrontés à un choix fondamental face à la crise économique permanente : tenter de stimuler l'économie avec le risque de nouveaux dommages à long terme sur les finances publiques ou adopter tout de suite une politique d'austérité et prendre le risque de rendre comateuse une économie faible.
Néanmoins, il ne faut pas interpréter le débat entre ces deux positions de principe comme la preuve d'une véritable divergence, au sein de la bourgeoisie américaine, sur la nécessité d'adopter l'austérité contre la vie de la classe ouvrière et ses conditions de travail. Toutes les fractions de la bourgeoisie reconnaissent que la crise financière de l'Etat est réelle et devra finalement être traitée en faisant des 'sacrifices douloureux'. Les débats politiques du moment, au sein de la bourgeoisie, ne concernent que le calendrier de l'austérité et la question de savoir si, oui ou non, une autre série de stimuli, étant donné les risques sur le long terme, aidera vraiment l'économie à se redresser. Malgré une campagne médiatique concertée, dirigée vers la classe ouvrière, autour de la menace que pose à la nation la dette nationale, une forte faction au sein de la bourgeoisie américaine estime qu'une plus grande impulsion est nécessaire. Pour le moment, cette faction semble avoir l'oreille de l'administration Obama1. L'extension récente de la période des réductions fiscales de Bush, combinée avec une autre extension du programme d'indemnisation d'urgence du chômage au niveau fédéral et une réduction de la taxe sociale sur les salaires, ont été mises en place par l'administration comme un 'programme de relance' censé ajouter jusqu'à 1,3 million d'emplois au cours des deux prochaines années2. Bien entendu, toutes ces réductions d'impôts et ces extensions des prestations de chômage vont venir augmenter le poids de la dette nationale.

La classe ouvrière ne doit pas se laisser berner par le recours continu de l'administration Obama à des politiques keynésiennes. Derrière ces politiques à court terme, toutes les factions de la bourgeoisie savent que "le jour du jugement viendra", le Scylla de la dette et de la crise financière l'emportera sur le Charybde du chômage et de la stagnation économique3. La question que se pose la bourgeoisie, en ce moment, est : quelle faction politique devra détenir le pouvoir d'Etat lorsque l'assaut sur le salaire social commencera ?

Du point de vue de historique, il semble probable que la bourgeoisie américaine soit tentée de faire sortir le Parti démocrate du pouvoir afin qu'il puisse jouer le rôle traditionnel de la gauche dans l'opposition, pendant que les républicains gouverneront et adopteront les mesures d'austérité nécessaires. Toutefois, étant donné la hauteur de la tourmente qui s'est produite dans le système politique américain au cours de la dernière décennie, l'accomplissement d'une telle manoeuvre n'est plus du tout simple, aujourd'hui, pour la bourgeoisie. Bien que la décomposition sociale ait touché l'ensemble du spectre politique bourgeois au cours des dix dernières années, il n'a pas touché de façon égale les deux partis politiques américains. Au cours de la dernière décennie, le Parti républicain a été de plus en plus dirigé par des factions de la bourgeoisie qui n'ont pas nécessairement la capacité d'agir dans l'intérêt général du capital national. L'actuelle coalition républicaine comprend les obscurantistes de la droite chrétienne, les tenants de l'idéologie libertaire qui veulent abolir la Réserve Fédérale, les fondamentalistes du marché libre, les factions les plus belliqueusement anti-immigré que la bourgeoisie a à offrir et ceux qui se délectent de l'héritage de la diplomatie cowboy de l'ère Bush. En plus de cela, nous devons maintenant ajouter ceux du Tea Party, dont beaucoup sont des idéologues qui croient vraiment dans les philosophies extrémistes qu'ils prêchent. Alors que les 'républicains modérés', fidèles à la sagesse de Washington, contrôlent encore les leviers du pouvoir dans le Parti, ils sont soumis aux agressions de "l'insurrection de droite" dans leurs propres rangs, les obligeant à se plier aux exigences de ces factions, en même temps qu'ils essayent de les manipuler pour améliorer leur position électorale.

Il y a de nombreux risques pour la bourgeoisie dans la période venir. Faut-il ramener le Parti républicain au pouvoir en vue des difficiles, mais nécessaires, mesures d'austérité au risque d'une réédition des années Bush ? Faut-il se rallier à Barack Obama, de nouveau en 2012, dans l'espoir de maintenir une administration démocrate de centre-droit plus responsables et compétente, mais au risque de bouleverser la division idéologique droite-gauche contre la classe ouvrière ?

La campagne présidentielle pour 2012

Dans les jours suivant les élections de la mi-mandat, Obama ressemblait à un président en fin de mandat. Son parti avait subi une défaite historique aux élections : les candidats démocrates au Congrès, pour d'importants Etats industriels qu'Obama avait remporté en 2008, avaient subi défaites sur défaites. Les démocrates avaient même été incapables de conserver l'ancien siège d'Obama au Sénat de l'Illinois. Les médias ont appelé ces élections "la marée républicaine". Cela a été présenté comme un rejet total de l'ordre du jour d'Obama, notamment, de son projet de loi controversé de réforme de la santé. Il a été déclaré que la seule façon pour les républicains de perdre en 2012 serait de nommer un candidat extrémiste du Tea Party, comme Sarah Palin. Tout ce que les républicains auraient à faire pour revenir au pouvoir en 2012 serait de désigner un candidat crédible, qui discréditerait et abattrait rapidement Obama. Les républicains peuvent fairet obstruction au Congrès à toute nouvelle législation, pendant les deux prochaines années, ce qui laisserait Obama faible et inefficace. Le public le rejetterait à coup sûr.

Cependant, à peine deux mois depuis l'élection, le vent politique a semblé changer une fois de plus. Obama a repris de la vigueur après une série d'importantes victoires législatives dans ce canard boiteux de Congrès et il semble maintenant à nouveau présidentiable. Il a appuyé au Sénat le nouveau traité START avec la Russie, contre l'obstruction obstinée de certains républicains. Il a finalement fait passer la loi qui met fin à la politique militaire du 'Don't Ask Don't Tell' qui permettait que de nombreuses personnes qualifiées gay soient bannies du service. La fin de cette politique a été approuvée par le Secrétaire de la Défense d'Obama, républicain, contre les objections gratuites d'un certain nombre de républicains obstinés, y compris John Mc Cain, le concurrent d'Obama aux présidentielle de 2008.

Surtout, Obama a passé un compromis avec les républicains pour prolonger de deux ans la période des réductions d'impôts de Bush pour tous les Américains, mais qui s'étend finalement au programme d'urgence du gouvernement fédéral d'assurance-chômage pendant 13 mois et comprend une autre série de réductions d'impôts, qui sont attendues par de nombreux économistes comme devant fournir un stimulus correct à l'économie au cours des deux prochaines années. Selon certains analystes, Obama a complètement doublé les républicains sur ce projet de loi, en adoptant une forme de relance économique plus importante que tout ce qui l'a précédé.
Pourtant, cela n'a pas empêché une mini révolte d'avoir lieu au sein du Parti démocrate sur l'accord fiscal qu'Obama a trouvé avec les républicains. Les rémocrates soi-disant 'progressistes' ont accusé leur propre président de s'être vendu, d'avoir accepté un compromis sans combattre, d'avoir cédé aux exigences du Parti républicain pour poursuivre des réductions d'impôts irresponsables en faveur des Américains les plus riches et d'aggraver ainsi la dette nationale.

Pendant la plus grande partie de la semaine, les blogs de gauche et le réseau MSNBC ont multiplié les appels à une primaire 2012 défiant Obama ou lui lançant le défi d'un troisième candidat de la part de la gauche4. Les démocrates du Congrès ont promis de voter contre le compromis de taxe, tandis que Bernie Sanders, le sénateur socialiste autoproclamé du Vermont, se gaussait à la tribune du Sénat du compromis fiscal, pestait contre la baisse du niveau de vie de la classe ouvrière américaine, tandis que les Américains les plus riches continuent de se remplir les poches. Durant cette période, la base du Parti démocrate s'est trouvée dans un état de choc et d'incrédulité et a semblé former une opposition courroucée contre leur propre président.
Néanmoins, tout s'est rapidement calmé et le compromis fiscal en tant que programme de stimulation a remporté suffisamment de voix démocrates pour franchir les deux chambres du Congrès et prendre force de loi. Ce "dramelet" au cours de cette législation peut être un aperçu des choses à venir. Si la bourgeoisie décide qu'il est trop risqué de retirer le Parti républicain du pouvoir, est-il possible qu'ils puissent tenter de pratiquer l'austérité avec une administration de centre-droit démocrate, tacitement appuyée par les 'républicains modérés', tandis que la base démocrate du Congrès jouerait le rôle de la gauche dans l'opposition ? En ce moment, nous ne pouvons pas dire si cela se produira. Cependant, la controverse sur le compromis fiscal donne un indict pour savoir comment une telle disposition pourrait fonctionner.
Mais cet arrangement gouvernementale pourrait comporter un autre risque, celui de la radicalisation de la droite du Parti républicain, et éventuellement, amener une scission avec le Tea Party et ainsi l'apparition d'un troisième parti qui concurrencerait la droite. Beaucoup d'idéologues républicains du Congrès rejettent en effet catégoriquement les tentatives de leurs dirigeants de faire des compromis avec Obama.

Une campagne est en cours dans les médias, dirigée par des 'républicains responsable', pour tenter de convaincre Sarah Palin de ne pas être candidate à la présidence en 2012. Même si elle peut être utile pour collecter des fonds pour les républicains et pour le ralliement au vote de la base conservatrice, il y a un consensus général parmi les principales factions de la bourgeoisie dans les deux Partis sur le fait qu'elle serait une présidente désastreuse, exponentiellement pire que Bush. En outre, sa candidature pourrait poser des difficultés pour enlever le Parti républicain du pouvoir en 2012, dans la mesure où elle est susceptible de réveiller les électeurs d'Obama.
En dernière analyse, la situation politique des Etats-Unis se caractérise actuellement par une instabilité provoquée par la décomposition. Toutes les factions responsables de la bourgeoisie reconnaissent finalement la nécessité d'adopter l'austérité. Cependant, à l'heure actuelle, il y a peu de consensus sur la manière d'y parvenir au niveau politique. Alors que l'histoire nous dit que la bourgeoisie cherche à placer le Parti démocrate dans l'opposition, de telle sorte que les républicains puissent adopter les coupes nécessaires (pendant que les démocrates travaillent avec les syndicats pour canaliser et finalement saboter la réplique de la classe ouvrière), la situation actuelle de décomposition rend cette opération un peu moins simple pour la bourgeoisie. La classe dirigeante pourrait opter pour une tentative d'adopter ces coupes avec un président de centre-droit démocrate, de connivence avec les républicains. En ce cas, le groupe démocrate du Congrès, avec les syndicats5, jouerait l'illusion de l'opposition de gauche. Ce type d'action comporterait le risque grave d'une rupture dans la division idéologique traditionnelle du travail entre les démocrates et les républicains. Toutefois, étant donné la dégradation idéologique du Parti républicain et la possibilité d'un candidat présidentiel dangereux émergeant de ses rangs, la bourgeoisie n'a peut-être pas d'autre choix que d'opter pour une telle politique.

Bien sûr, il est également possible que les effets de la décomposition aient une telle emprise sur l'appareil politique bourgeois qu'à la fin, les principales factions de la bourgeoisie ne puissent pas empêcher une présidence Palin, ou certains de même veine. Si Palin décide de se lancer, il est possible que l'insurrection du Tea Party saura l'amener à la victoire dans les primaires républicaines. En tant que candidate du Parti républicain, elle peut dynamiser la base démocrate pour venir aux urnes, mais compte tenu des contraintes du système politique américain, en particulier des anachronismes du Collège Electoral, il est possible que, dans une répétition comique de l'élection de 2000, Sarah Palin puisse gagner la présidence, mais perdre le vote populaire. Bien que ce soit là une possibilité très lointaine pour le moment, nous pouvons être assurés que c'est une éventualité à laquelle les principales factions de la bourgeoisie se préparent et font de leur mieux pour éviter.

Pour la classe ouvrière, le message est clair. Le système politique bourgeois ne peut nous offrir rien d'autre que plus de souffrance, d'austérité et de misère. La décomposition du système politique capitaliste a atteint un tel point que la classe dirigeante elle-même ne peut plus être certaine d'obtenir les résultats souhaités par le cirque électoral. Peut-on encore douter que ce cirque politique et électoral soit absolument inutile à notre classe ?

Henk (25 décembre 2010)

 

1 En cela, la bourgeoisie américaine va à l'encontre de la tendance internationale qui a vu la plupart des Etats européens prendre des mesures d'austérités. Tout comme des éléments de la bourgeoisie américaine ont peur d'une relance nationale prématurée, ils craignent aussi que les mesures d'austérités européennes mettent en péril la reprise de l'économie mondiale.

2 Même si l'économie ajoute tous les emplois annoncés (ce qui est plus qu'improbable) ceci doit être replacé dans le contexte des 8 millions d'emplois qui ont été perdus depuis 2007, sans parler de la montée de la jeune génération de travailleurs couverts de dettes qui arrivent chaque année sur le marché du travail.

3 A bien des égards, cette attaque est déjà en cours au niveau national et local, les gouvernements locaux n'ayant pas la même capacité à recourir à l'endettement.

4 Le gauchiste notoire Michael Moore a fait allusion à un défi de gauche à Obama d'un troisième parti possible dans l'émission Countdown with Keith Olberman sur MSNBC.

5 Nous devons remarquer ici que le processus de décomposition a également affecté les syndicats. Témoin la participation d'Andy Stern, l'ancien président du syndicat des employés des services, à la Commission Présidentielle de la Dette d'Obama. Stern a fièrement proclamé qu'il allait mettre sa loyauté au travail au service de la nation.