L'euro 2016 en France : le sport, opium du peuple

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Durant toute une journée, les médias ont été euphoriques : la France va organiser la Coupe d'Europe de football en 2016 (nommée Euro 2016) !

Et alors ? Pourquoi se réjouir ? Il suffit d'écouter Nicolas Sarkozy pour le comprendre. Juste avant que l'UEFA ne révèle officiellement son choix, le président français est venu plaider pour son pays. Il a affirmé à la tribune : "Nous, nous pensons en France que le sport, c'est une réponse à la crise. C'est justement parce qu'il y a une crise, qu'il y a des problèmes, qu'il faut mobiliser tout un pays vers l'organisation de grands événements […] C'est une décision pour nous stratégique qui engage tout le pays face à la crise […] c'est un engagement de tout un peuple. […] Il n'y a pas la gauche et la droite, il n'y a pas le Sud et le Nord, il n'y a pas l'Est et l'Ouest, il y a tout un pays mobilisé pour avoir cet événement ! […] Si vous nous donnez l'Euro 2016, vous nous ferez plaisir".

Traduction : la crise frappe fort et la bourgeoisie française compte sur le foot pour distraire les ouvriers, leur faire oublier quelque temps la dureté de leur quotidien. Voilà pourquoi avoir obtenu « l'Euro 2016 » a fait "plaisir" à Sarkozy et consorts.

Du temps de l’empire romain, César calmait déjà le peuple en lui offrant "du pain et des jeux". Il ne reste plus aux Césars modernes que les jeux.

Françoise (le 4 juin)