Une expression de solidarité face à la répression du mouvement étudiant (courrier de lecteur)

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Le courrier publié ci-dessous, signé « Des instits solidaires », exprime une véritable colère et un profond sentiment de solidarité face à la répression qui s’est abattue lundi 9 mars à Lyon sur des étudiants qui manifestaient 1.

Courriers des lecteurs :

Charge de CRS à Lyon contre des étudiants et des enseignant

Solidarité de la classe ouvrière contre la répression de l’Etat bourgeois

(des instits solidaires)

Il n’y a pas qu’en Guadeloupe que l’Etat fait donner ses chiens de garde contre tous ceux qui osent remettre en cause, par leurs luttes et leurs manifestations, sa sale politique anti-ouvrière au service du capitalisme. En effet, hier, lundi 9 mars, plusieurs centaines de manifestants avaient décidé de montrer dans la rue leur colère et leur mécontentement à propos de la venue à Lyon, pour une rencontre concernant les biotechnologies, de la ministre de Sarkozy, Valérie Pécresse, tristement célèbre dans le monde universitaire. A ces manifestants excédés par la mise à la casse de l’université et l’avenir de précarité qui leur est promis, le gouvernement a une nouvelle fois choisi de répondre par la violence. Charges de CRS, de forces spéciales et de répression, telle la BAC 2, matraquages, bombes lacrymogènes et tir de flash-balls, voilà à quoi furent soumis les manifestants. Cette répression ouverte et violente est directement dans le prolongement de celle qui s’était abattue il y a quelques mois contre les grévistes en lutte contre la LRU 3. Là encore, les CRS et autres gardes mobiles avaient notamment encerclé l’université de Bron dans la banlieue de Lyon puis tabassé systématiquement les étudiants qui ne voulaient pas céder devant ce coup de force de l’Etat. Mais aujourd’hui, l’intimidation est encore montée d’un cran puisque, en plus des blessés amenés à l’hôpital, trois manifestants ont été arrêtés. Ils doivent être jugés ce mardi 10 mars en comparution immédiate sous le motif fumeux de rébellion. Au moment où nous écrivons ces lignes, nous ne savons pas ce que la justice bourgeoise aura décidé à leur propos. Mais dans tous les cas, c’est l’ensemble de la classe ouvrière au travail, au chômage ou dans les facultés qui se doit d’être solidaire de tous ceux qui, luttant pour défendre leurs conditions de vie et leur avenir, se retrouvent pris sous les coups de la répression que ce soit sous forme de matraquages systématiques ou de condamnations judiciaires arbitraires. Certes, nous pensons qu’il n’est pas nécessairement judicieux d’aller à quelques centaines dans la rue, s’exposer à la férocité des forces de répression bourgeoises. Rappelons nous ce qui a fait la force de la lutte des étudiants contre le CPE, c’était en premier lieu la massivité de ce mouvement et son ouverture à tous les autres secteurs de la classe ouvrière et, en second lieu, le fait que les étudiants en lutte dirigeaient eux mêmes l’ensemble de leurs actions à travers des assemblées générales autonomes et souveraines. C’est encore la massivité et la détermination collective des ouvriers qui (malgré, là aussi, la répression violente) a fait reculer le gouvernement face aux exigences des ouvriers en Guadeloupe. Cependant, par delà les discussions collectives qui doivent avoir lieu dans la classe ouvrière pour savoir comment développer nos luttes, il est évident que nous ne pouvons que comprendre la colère et le refus de se laisser faire sans réagir, de la part de tous ces jeunes qui subissent directement des attaques sans précédent sur leurs conditions d’étude et leurs conditions de vie. Plus que jamais, la lutte est nécessaire. Afin que celle-ci puisse se développer de manière consciente, massive et organisée, il est sans doute important de se rassembler en formant des comités de discussion et de luttes qui pourront aborder toutes ces questions vitales. Il ne faut pas se faire d’illusions, la répression qui s’est abattue sur les manifestants à Lyon ne fait que traduire la façon dont la bourgeoisie s’apprête à répondre aux luttes à venir. Cette violence ne doit pas nous intimider, nous démoraliser ni nous démobiliser, mais elle doit amener la classe ouvrière, et tout particulièrement les jeunes en son sein, à réfléchir aux moyens de développer le combat.

Face à la répression et à la violence de l’Etat bourgeois, vive la solidarité active de toute la classe ouvrière en lutte !

 

1 Ces camarades nous ont indiqué qu’ils ont aussi transmis ce courrier au site Rebellyon et qu’il y a été publié le jour même (http://rebellyon.info/article6118.html).

2 NDLR : Brigade anti-criminelle.