Un exemple de sabotage syndical dans les universités (courrier de lecteur)

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Nous publions ci-dessous un courrier qui nous a été adressé par un étudiant de l'université de Caen qui a assisté à une Assemblée Générale pourrie de sa faculté. Ce courrier constitue un témoignage vivant de la façon dont les syndicats ont tenté de verrouiller les universités en enfermant les étudiants dans une lutte spécifique, isolée de toute la classe ouvrière. Il fait la preuve que les syndicats, dans les universités comme dans les entreprises, se dévoilent de plus en plus clairement comme des chiens de garde de l'ordre capitaliste.

 

« Chers camarades,

J’ai assisté ce matin au spectacle effrayant de l’Assemblée Générale de l’université de Caen. La seule organisation des débats suffit à donner la mesure du sabotage syndicale. Je précise d’abord qu’il m’était possible de déterminer l’appartenance, ou non, d’un intervenant à une organisation syndicale, non pas parce qu’il annonçait qu’il en faisait partie mais parce qu’une personne, membre du PCF, m’informait de qui était syndicaliste et de qui ne l’était pas.

La présidence, constituée de trois personnes, était entièrement aux mains de syndicalistes et n’était nullement soumise à un vote de désignation, et encore moins à un vote de destitution. C’est-à-dire que nous avions en face de nous des syndicalistes sans aucune légitimité. Il en allait bien sûr de même des commissions. Il faut noter cependant qu’une seule commission a demandé un mystérieux "vote de confiance" qui portait sur des individus qui ne se sont pas présentés, et ce, avant même que soient prises les décisions de l’AG. Les débats étaient monopolisés quasi-exclusivement par des syndicalistes, notamment ceux de la FSU, et lorsque nous demandions la parole, la présidence nous rétorquait que, je cite, "les listes de prise de parole sont closes", sauf bien entendu lorsque l'un de ses amis syndicalistes demandait la parole. Me voilà dans ce contexte à proposer l’envoi de délégations massives dans les entreprises pour nous solidariser avec les luttes actuelles des travailleurs et ne pas nous isoler. L’assemblée fût d’ailleurs plutôt convaincue par ma proposition puisque de nombreux applaudissements – interdits par la présidence – conclurent mon propos. Mais, chose incroyable, à la fin de l’AG ma proposition n’a même pas été soumise au vote. Et lorsque je pris la parole, au milieu de la cacophonie, pour protester, un syndicaliste m’apostropha brutalement pour me signaler que l’AG n’avait, je cite encore, "pas à voter ce genre d’action," et quand je lui dis que finalement, on passait "ma proposition sous le tapis", voici ce qu’il répondit (tenez-vous bien à votre écran1) : "oui!"

Voilà le récit du triste spectacle dont je voulais vous faire part. Excusez la lourdeur de mon style, et peut-être, les quelques fautes d’orthographes. Le temps malheureusement me manque et ma colère empêche toute concentration.

Fraternellement, V. (Caen, le 8 novembre) ».

1 Ce message nous a été transmis par mail sur notre boîte.

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