Réunion publique à Paris, le 11 mars: luttes des étudiants - débat sur les expériences et les perspectives

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Exposé à la réunion publique du CCI du 11 mars à Paris :

Etudiants, lycéens, ouvriers au travail ou au chômage :
un même combat contre le capitalisme !

Comme vous l'avez appris par les médias, hier après-midi plusieurs centaines d'étudiants des universités de la région parisienne sont allés à la Sorbonne occupée depuis plusieurs jours par une cinquantaine d'étudiants de cette faculté située au centre de Paris. A la faculté de Censier, l'Assemblée générale des étudiants qui s'est tenue hier matin avait décidé d'envoyer une délégation massive pour apporter de la nourriture à leurs camarades enfermés dans la Sorbonne par les cordons de flics.

Plusieurs centaines d'étudiants sont entrés de force dans la Sorbonne, en passant par les fenêtres. Mais le mouvement de solidarité avec leurs camarades pris en otage dans le piège de l'occupation de la Sorbonne, était très hétérogène. Certains étudiants, notamment ceux de Censier, ont essayé de discuter avec les gardes mobiles de la gendarmerie. Certains scandaient le slogan "CRS avec nous !" d'autres criaient "Sarkozy, au RMI !" Les flics n'ont pas chargé, même si les plus excités ont quand bousculé et donné quelques coups de matraques discrets. Malgré les échauffourées, il n'y a pas eu, à notre connaissance, d'arrestations à ce moment là. Les forces de l'ordre avaient, de façon évident, reçu la consigne de ne pas charger ce qui a permis l’entrée dans la Sorbonne de étudiants qui ont forcé les portes et les fenêtres. Plusieurs centaines d'étudiants sont donc tombés dans le piège.

La situation a basculé cette nuit où il y a eu des affrontements violents entre les étudiants et les forces de l'ordre. A 4 heures du matin, les CRS ont finit par évacuer la Sorbonne à coups de matraques et de bombes lacrymogène. Plusieurs dizaines d'étudiants ont été arrêtés.

Il est donc arrivé aux enfants de la classe ouvrière la même tragédie que celle de la chèvre de monsieur Seguin. Ils ont tenu jusqu'au petit matin et le loup les a mangés.

Face à la répression, aux arrestations mais aussi au flicage des universités qui sont truffées de mouchards et de RG, le CCI se doit de dénoncer haut et fort toutes les attaques portées par l'État "démocratique" bourgeois contre les enfants de la classe ouvrière. Le CCI se déclare solidaire des enfants de la classe ouvrière attaqués par le CPE, tabassés et arrêtés par la police.

Aujourd'hui, "l'ordre règne" à la Sorbonne. Les enfants de la classe ouvrière ont perdu une bataille, mais le prolétariat n'a pas perdu la guerre de classe.

La meilleure solidarité que la classe ouvrière puisse apporter aux jeunes générations face aux attaques du capitalisme, c'est d'engager maintenant la lutte dans tous les secteurs contre le CPE, contre toutes les attaques de la bourgeoisie et contre la répression. La classe ouvrière doit exiger la libération de ses enfants embarqués dans les paniers à salade.

Pour cela, il faut développer partout des assemblées générales massives, des lieux de débat. Il faut manifester massivement dans la rue.

Mais avant de se mobiliser, il faut réfléchir, discuter tous ensemble, tous unis, des perspectives et des moyens de la lutte. Car la fin ne justifie pas tous les moyens. Les éléments les plus conscients, les plus éclairés de la classe ouvrière, les éléments les plus conscients de la jeunesse estudiantine doivent jouer le rôle d'avant-garde pour que la riposte contre le CPE ne soit pas une aventure sans lendemain. Ce qui s'est passé à la Sorbonne cette nuit n'est qu'un épisode d'un mouvement beaucoup vaste, un mouvement qui va, à un moment ou un autre, faire tâche d'huile au-delà des frontières nationales.

Nous allons maintenant revenir rapidement sur les événements de ces dernières semaines.

Malgré le black-out des médias bourgeois et notamment de la télévision, malgré la dispersion de la période des vacances scolaires, depuis le début du mois de février, les étudiants et dans une moindre mesure les lycéens, se sont mobilisés dans la plupart des universités des grandes villes du pays pour protester contre le fameux Contrat Première Embauche qui vient d'être adopté à l'assemblée nationale.

Dès que nous avons eu écho de ce qui se passait dans les facs et notamment à Paris 3-Censier, nous avons mobilisé immédiatement nos forces pour essayer de comprendre ce qui se passait et la signification de ce mouvement.

Aujourd'hui, nous pouvons affirmer clairement que ce mouvement de la jeunesse estudiantine n'a rien à voir avec une agitation interclassiste. Et cela même si il y a dans les facs, évidement, des enfants de la bourgeoisie et de la petite bourgeoisie dont la plupart sont hostiles à la grève et se font beaucoup d'illusions sur l'avenir que leur promet le capitalisme. La lutte des étudiants contre le CPE, quelle que soit son issue, n'est pas un feu de paille, une révolte sans lendemain. Le CCI salue haut et fort ce mouvement qui s'inscrit pleinement dans le combat de la classe ouvrière.

Pourquoi ?

D'abord, parce que la révolte des étudiants est une riposte légitime à une attaque économique directe, massive et frontale contre l'ensemble de la classe ouvrière. Avec le Contrat Première Embauche, c'est encore plus de précarité et de misère qui attend les nouvelles générations à la fin de leur scolarité.

Ensuite, parce que les étudiants se sont mobilisés immédiatement sur un terrain de classe, comme ils l'ont montré de façon magistrale à la manifestation du 7 mars. Ils ont été capables de laisser de côté leurs revendications spécifiques (comme la réforme du LMD par exemple) pour mettre en avant des revendications derrière lesquelles toute la classe ouvrière peut se reconnaître.

Enfin, pour la première fois depuis Mai 68, on a vu les étudiants lancer des mots d'ordre appelant à l'unité et à la solidarité de toute la classe ouvrière : "Travailleurs, chômeurs, lycéens, étudiants, même combat !"

On les a vu aller plus loin encore que les étudiants de mai 68 : contrairement à la génération de mai 68 qui avait été fortement marquée par l'esprit contestataire et ce qu'on appelait à l'époque "le conflit des génération", les étudiants d'aujourd'hui ont mis en avant la nécessité de l'unité non seulement entre tous les secteurs de la classe ouvrière, mais aussi entre toutes les générations, entre ceux qui sont attaqués par le CPE et les retraités et futurs retraité qui seront attaqués par un contrat "dernière embauche".

Si la nouvelle génération, par certains cotés, est beaucoup plus mûre que celle de la fin des années 60, c'est justement parce que les conditions objectives ont mûri : la crise économique s'est approfondie. Elle dévoile aujourd'hui ouvertement la faillite irrémédiable du système capitaliste.

Mais là où les étudiants d'aujourd'hui sont allés encore plus loin que leurs aînés de mai 68, c'est dans la façon dont ils ont pris eux-mêmes leur lutte en mains, en s'appropriation de façon assez étonnante et remarquable les méthodes de lutte du mouvement ouvrier et en faisant vivre la solidarité dans la lutte. Et cette méthode s'est très clairement révélée dans les Assemblées générales à Censier, et non pas dans l'occupation de la Sorbonne.

Nous voulons d'abord évoquer maintenant ce qui s'est passé ces derniers jours à la fac de Paris 3-Censier.

Tous les jours, les étudiants et les salariés en grève occupent les amphis et tiennent des assemblées générales massives.

Pour avoir été témoins de ce qui se passait dans ces AG de Censier, nous pouvons affirmer clairement qu'elles fonctionnent sur le modèle des conseils ouvriers. La richesse des discussion où chacun peut prendre la parole et exprimer son point de vue, la façon dont la tribune organise les débats, les votes, la création de différentes commissions, la nomination de délégués élus et révocables devant les AG souveraines, toute cette dynamique, cette méthode de lutte son celles qui ont surgi dans les momens les plus élévés de la lutte de classe : en 1905 et 1917 en Russie, en 1918 en Allemagne, en Pologne lors de la grève de masse en Août 1980.

Pour nous, il est clair que le poumon du mouvement, l'épicentre du séisme ne se trouve pas à la Sorbonne où les étudiants ont été enfermés dans la fac occupée et encerclée par les CRS. L'épicentre du séisme se trouve à la fac de Censier. Et cela la bourgeoisie le sait. C'est pour cela que les médias ont fait un black-out total sur les AG de Censier.

Les étudiants de Censier ont réussi à entraîner leurs professeurs et le personnel administratif dans la grève. Ils ont réussi à construire un mouvement solidaire et uni. A tel point qu'il a été décidé de tenir des AG communes entre étudiants et salariés de la fac.

Comment ces jeunes dont certains, parmi les leaders du mouvement, sont en première année de fac, comment ont-ils pu aller aussi vite, prendre une telle décision depuis la manif du 7 mars ?

Tout simplement, parce que la fin de non revoir de monsieur Villepin après la manif du 7 mars a poussé les étudiants à ouvrir leurs assemblées générales aux salariés et à leur donner la parole. En 1968, c'est justement l'enfermement des ouvriers dans les usines, préconisé par les syndicats, qui avait permis à la bourgeoisie d'envoyer la classe ouvrière à la défaite.

La plupart des ouvriers ne pouvaient plus aller discuter avec leurs camarades des autres entreprises ou avec les étudiants. Ils se sont laissé emprisonner derrière les grilles de leurs usines. C'est une expérience que les jeunes générations doivent connaître pour pouvoir déjouer les manoeuvres et les pièges de tous les saboteurs qui veulent les envoyer au casse-pipe paquet par paquet.

Pour revenir à ce qui s'est passé à Censier depuis le 7 mars :

Au lendemain de la manif, une petite minorité de travailleurs d'autres secteurs, qui sont aussi des militants révolutionnaires et des parents d'étudiants en lutte, est allé voir ce qui se passait dans les facs. Et ce que nous avons vu et entendu dans les AG de Censier nous a amenés à reconnaître dans cette agitation estudiantine contre le CPE un combat qui s'intègre pleinement dans celui de la classe ouvrière. Encore une fois, nous réaffirmons aujourd'hui, que l'avenir de la société humaine est bien entre les mains des jeunes générations. Encore une fois, la vieille taupe de l'histoire, comme le disait Marx, a bien travaillé. Encore une fois le marxisme, la théorie révolutionnaire du prolétariat, a été vérifié.

Les militants du CCI sont intervenus dans les AG en tant que travailleurs et parents d'étudiants en lutte. Mais ce qui a guidé le sens général de leurs interventions, c'est le cadre d'analyse du CCI qui seul peut donner une perspective, pour que la lutte des étudiants ne reste pas isolée.

Dès que nous avons compris ce qui se passait Censier, le CCI a décidé de combattre le sale travail des médias bourgeois : c'est pour cela que notre tract est en train d'être traduit dans toutes les langues (et est déjà sur notre site Internet en anglais et en espagnol, ce qui veut dire que la classe ouvrière et les université d'Europe et du continent américain peuvent être informés de ce qui se passe en France).

Dans les AG de ces deux derniers jours, les professeurs de l'université de Censier et les personnels administratifs ont apporté un souffle nouveau au mouvement. Ils ont fait plusieurs interventions pour affirmer qu'ils allaient participer activement à l'extension de la grève dans les facs. Ils ont essayé d'entraîner les étudiants les plus hésitants et hostiles à la lutte en les rassurant : ils se sont engagés à ne pas pénaliser les élèves grévistes pour les examens et pour le versement de leur allocation d'études.

Enfin, pour résumer nous reprenons ici à notre propre compte cette phrase d'un enseignant de Paris 3 : "Les étudiants de Censier ont inventé quelque chose de nouveau, quelque chose de très puissant qui va entraîner les autres universités derrière eux. Et cela, nous l'avons vu très clairement à la manifestation du 7 mars."

Effectivement, que s'est-il passé le 7 mars ?

Plus de mille étudiants se sont retrouvés sur le parvis de la fac de Censier pour partir ensemble à la manifestation organisée à l'appel de tous les syndicats et partis de gauche. Dès qu'ils se rendent compte que les cortèges syndicaux, et notamment celui de la CGT, se sont placés à la tête de la manif, les étudiants font demi-tour. Ils prennent le métro pour se placer devant les cortèges syndicaux en entraînant derrière eux leurs camarades d'autres facs. C'est comme cela que la jeunesse estudiantine en lutte, s'est spontanément retrouvée à la tête de la manif derrière une seule banderole, avec des mots d'ordre unitaires, exigeant le retrait pur et simple du CPE, alors que le tract diffusé par le PCF ne dit pas un seul mot sur le retrait du CPE (ce tract nous l'avons ici et les camarades pourront venir le chercher) !

Grâce à cette ruse de sioux des étudiants de Censier, le cortège du vieux dynosaure stalinien se retrouve ainsi à la queue des enfants du mammouth de l'éducation nationale. La CGT est obligée de raccrocher ses wagons rouillés à la locomotive de cette jeune génération, une génération que Rosa Luxemburg appelait à juste raison la "fine fleur du prolétariat !"

Comme en mai 68, la classe dominante et ses forces d'encadrement dans les rangs ouvriers ont été surprises, dépassées par la situation. Et nous devons le reconnaître, dans une certaine mesure, le CCI lui-même a été surpris par la vitalité et a créativité des étudiants les plus en pointe.

C'est justement parce qu'il n'avait pas prévu le coup que, après la manifestation du 7 mars, dans une interview tétévisé sur la chaîne LCI, le leader de la CGT, Bernard Thibault, a dit aux journalistes : "il est vrai que dans cette manifestation, il y avait une part d'imprévu".

C'est aussi à cause de cette "part d'imprévu", parce qu'ils ont été débordés par la situation, que des gros bras du PCF nous ont agressés à la manif et notamment à notre table de presse. L'un d'entre eux a proféré ces insultes : "J'ai envie de vous cracher à la figure. Vous n'avez pas honte de diffuser votre brochure [ Comment le PCF est passé dans le camp du capital ] alors qu'ils n'y a plus de staliniens au PCF" (sic !)

On va s'arrêter là pour ce qui concerne les événements anecdotiques. Les camarades, et notamment les étudiants qui sont dans cette salle, pourront compléter, rectifier ou préciser cette présentation, dans le débat.

Nous allons maintenant faire brièvement un point sur le black out des médias.

On se souvient qu'à l'automne dernier, lors des émeutes qui ont embrasé les banlieues, la bourgeoisie ne s'était pas privé de faire un battage médiatique très bruyant, non seulement en France, mais aux quatre coins de la planète. Partout, dans tous les pays, sur tous les continents, les émeutes en France avaient fait la Une des journaux et de toutes les chaînes de télé.

Que se passe-t-il aujourd'hui dans les médias ? Jusqu'à la manif du 7 mars, c'était silence radio. Jour après jour, on nous a bassinés avec la grippe aviaire, l'affaire sordide du "gang des barbares" et autres rideaux de fumée pour amuser la galerie et surtout pour ne pas parler de l'essentiel, c'est-à-dire de la mobilisation des étudiants contre le CPE.

Pourquoi les médias aux ordres de l'ordre capitaliste ont-ils gardé le silence sur la grève des étudiants alors qu'ils avaient fait beaucoup de bruits sur les émeutes dans les banlieues ? Tout simplement parce que, contrairement aux émeutes désespérées des jeunes des cités, la lutte des étudiants n'est pas un feu de paille. Elle est porteuse d'une perspective d'avenir pour la société

Et si aujourd'hui, les médias lèvent le black-out, c'est encore pour servir les intérêts de la bourgeoisie. On nous présente les étudiants comme de simples émeutiers. C'est bien le message que veut faire passer Monsieur Tony Blair lorsque le journal anglais le "Times" titrait au lendemain de la manif du 7 mars : "RIOTS,,,", c'est-à-dire "Emeutes dans les universités françaises".

Quant aux médias françaises, elles apportent maintenant leur petite pierre au sabotage de la lutte de classe. Et pas seulement les journaux de droite comme Le Figaro ou Le Parisien. Mais aussi ceux de gauche comme le journal Libération dirigé par l'ex-soixante huitard Serge July qui lui ne sera jamais touché par le chômage. Ainsi, l'édition du 10 mars de Libération était distribué gratuitement dans le hall de Censier parce qu'il y avait un petit article ridicule sur la grève dans cette facr intitulé "un air de mai 68".

Le message est, excusez-nous l'expression, putassier. Un air de mai 68, ça veut dire que les étudiants n'ont fait que chanter des chansons révolutionnaires en invitant la troupe de théâtre "Jolie môme" le 3 mars dans l'enceinte de la fac ! Par contre, il n'y a pas un mot sur la dynamique des AG, sur l'unité et la solidarité du mouvement qui a entraîné les professeurs et le personnel administratif dans la grève.

Et ce silence n'est certainement pas dû au fait que les journalistes de Libé et de la télévision n'étaient pas au courant. Ils ont occupé la fac avec leur caméra et leurs interviews. L'Etat français peut décerner une belle médaille à ses journaleux et à leurs images très artistiques !

Pour le CCI, il est clair que ce mouvement de la jeunesse scolarisée fait peur à la classe dominante. Monsieur Villepin et ses petits camarades, à droite comme à gauche, ont peur tout simplement que la créativité des étudiants de Censier ne donne de mauvaises idées à l'ensemble de la classe ouvrière.

Le silence des médias, la falsification de leurs informations, le tripatouillage de leurs caméras, de leurs reportages, et de leurs interviews n'ont qu'une seule signification : ils sont une illustration de la trouille de la bourgeoisie. Et cette trouille est d'autant plus grande que ces étudiants les plus conscients, ce sont ceux qui sont aujourd'hui aux avant-postes du mouvement. C'est cette avant-garde que la bourgeoisie française, avec ses flics et ses RG, veut démoraliser et soumettre au silence.

Les enfants de la classe ouvrière qui se sont mobilisés massivement contre le CPE, ce sont les enfants de ceux à qui monsieur Raffarin, pour imposer la réforme du système des retraites, avait eu le culot de dire : "Ce n'est pas la rue qui gouverne" .

Et la seule réponse de la bourgeoisie à cette protestation contre la précarité et le chômage, c'est la répression. Le CPE est une illustration de la faillite du système capitaliste. La répression montre aujourd'hui clairement le vrai visage de la démocratie bourgeoise ! Aujourd'hui, la situation sociale est en train que révéler que ceux d'en haut, de plus en plus, ne peuvent plus gouverner comme avant, parce que ceux d'en bas ne veulent plus vivre comme avant.

Et c'est bien pour cela que la bourgeoisie française est en train de mettre toutes ses forces dans la bataille pour diviser le mouvement, l'éparpiller, enfermer les étudiants dans les facs pour pouvoir les "nettoyer au karcher", comme elle l'a fait cette nuit à la Sorbonne.

Sur toutes les chaînes de télé, on a pu voir aujourd'hui les images que la bourgeoisie attendait avec ces commentaires, comme le disait Claire Chazal : "Le mouvement a pris un tournant, celui de la violence". Évidemment, il s'agit non pas de la violence de la police, mais de celle des enfants de la classe ouvrière présentés comme des casseurs, comme de la racaille !

Pourquoi l'homme de main de l'État policier, de notre belle démocratie française, Monsieur Sarkozy, a-t-il une fois encore déchaîné la répression ?

Parce que les étudiants ne veulent pas de la misère capitaliste, parce qu'ils ne veulent pas se retrouver au chômage à la fin de leurs études! Parce qu'ils sont entrés dans la Sorbonne pour apporter leur solidarité et de la nourriture à leurs camarades qui étaient en train de crever de faim. Ces étudiants ont ont été tabassés, arrêtés, tout simplement parce qu'ils ont donné le mauvais exemple de la solidarité dans la lutte.

Mais pour pouvoir tenir la route sur le long terme, dans la lutte de classe, les bataillons les plus conscients du prolétariat doivent garder en mémoire ce que Marx et Engels disaient dans le Manifeste Communiste de 1848 : "les communistes ont sur le reste du prolétariat l'avantage d'une intelligence claire des conditions, de la marche et des fins générales du mouvement prolétarien". Ils ne doivent jamais oublier que l'arme la plus tranchante de la classe ouvrière, c'est d'abord sa conscience, contrairement à la violence aveugle des jeunes émeutiers des banlieues.

Face à la violence des milices du capital aux ordres de Monsieur Sarkozy, il faut opposer la conscience de classe dans la lutte !

Les éléments les plus conscients de la classe ouvrière doivent aussi se rappeler ce que Marx et Rosa Luxemburg disaient : "Contrairement aux révolutions du passé, la révolution prolétarienne est la seule révolution de l'histoire qui ne peut arriver à la victoire qu'à la suite de toute une série de défaites." C'est justement parce que la révolution prolétarienne "tire sa poésie de l'avenir" que les révolutionnaires ne doivent jamais céder à la démoralisation et à l'impatience.