Résolution sur : TERRORISME, TERREUR et VIOLENCE de CLASSE

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Dans le numéro précédent de la “Revue Internationale”, nous avons déjà publié un texte sur la question du terrorisme, de la terreur et de la violence de classe, dégageant les fondements de1’intervention du CCI au travers de ses divers organes de presse, répondant globalement d’une part à la grande offensive idéologique et policière de la bourgeoisie et d’autre part aux différentes conceptions courantes admises dans l’ensemble du milieu révolutionnaire face aux récentes actions terroristes. Le texte que nous publions ici sous forme de résolution souligne, prolonge et approfondit les différents points développés dans le texte précédent avec la préoccupation constante de toujours mieux cerner la nature de classe de la violence libératrice et émancipatrice du prolétariat.

La résolution n’a pas pour but de donner une réponse précise et détaillée à toutes les questions et problèmes concrets qui se posent et se poseront à la classe ouvrière dans son activité révolutionnaire, activité qui part de la reprise des luttes vers la période de transformation révolutionnaire de la société, en passant par la phase insurrectionnelle et la prise du pouvoir. La résolution ne traite pas non plus de l’utilisation directe que la bourgeoisie peut faire du terrorisme. Son but est de donner un cadre, une conception d’ensemble qui permette d’aborder ces problèmes d’un point de vue prolétarien autrement qu’au travers d’affirmations simplistes telles que : “la violence, c’est la violence”, “la violence, c’est la terreur”, “dire que la violence n’est pas la terreur, c’est du pacifisme”, etc., cette casuistique de “la fin justifie les moyens” comme disait le texte précédent.

  • Montrer que le pacifisme ne correspond à aucune réalité et ne peut être qu’une idéologie dans le meilleur des cas 1’expression des couches moyennes théorisant leur propre impuissance à opposer une force réelle à la bourgeoisie et son État toujours au service de la bourgeoisie dans l’exercice de sa domination sur la classe ouvrière et sur 1’ensemble de la société ;
  • Montrer comment la terreur est 1’expression des classes dominantes et exploiteuses, la nature profonde de leur violence de classe devenant, quand les bases matérielles de leur domination sont sapées, le centre de la vie sociale ;
  • Montrer pourquoi et comment le terrorisme est typiquement la manifestation impuissante de la révolte des couches moyennes et jamais un moyen ni un détonateur de la lutte révolutionnaire du prolétariat.
  • Montrer que la forme et le contenu de la violence émancipatrice de la classe ouvrière ne peut en aucun cas s’apparenter à la “terreur” ;
  • Montrer enfin où se trouvent les véritables forces de la classe ouvrière ; dans la force collective, consciente et organisée de 1’immense majorité et dans sa capacité de transformation révolutionnaire des rapports sociaux ;

Tels sont les buts que se fixe la résolution publiée ci-dessous.

De plus, le texte montre que s’il y a une question où les rapports entre “buts et moyens” se trouvent particulièrement liés en se conditionnant mutuellement, c’est bien celle de la violence révolutionnaire du prolétariat. Cela implique que dans les discussions actuelles sur le terrorisme, la terreur et la violence de classe, c’est le coeur même de la conception de la révolution prolétarienne qui est abordé.

1) Il est absolument faux de présenter ce problème en termes d’un dilemme : terreur ou pacifisme. Le pacifisme n’a jamais existé dans la réalité d’une société divisée en classes, aux intérêts antagoniques. Dans une telle société, ce qui régit les rapports entre les classes ne peut être que la lutte. Aussi, le pacifisme n’a jamais été autre chose qu’une idéologie; dans le meilleur des cas, un mirage des couches impuissantes et veules d’une petite bourgeoisie sans devenir, dans le pire des cas, une mystification, un mensonge éhonté des classes dominantes pour détourner les classes exploitées de la lutte et leur faire accepter le joug de l’oppression. Raisonner en termes de terreur ou pacifisme, opposer l’un comme une alternative de l’autre, c’est se laisser prendre soi-même dans les filets d’un piège et finalement accréditer ce faux dilemme, tout couine c’est le cas d’un autre piège construit également sur un faux dilemme : guerre ou paix.
Il est indispensable de bannir des débats toute utilisation de ce faux dilemme car en ne faisant qu’opposer la fantaisie à une réalité, on ne fait que tourner le dos et escamoter le vrai problème qui se pose, celui de la nature de classe de la terreur, du terrorisme et de la violence de classe.

2) De même qu’on escamote le vrai problème de la terreur et de la violence de classe en lui substituant un faux dilemme de terreur et pacifisme, de même on escamote complètement ce problème en établissant une identification entre ces termes. Dans le premier cas, on l’escamote en lui substituant un faux dilemme, dans le deuxième cas, le problème lui-même s’évanouit et, nié, disparaît complètement. Or, il est pour le moins stupéfiant, pour des marxistes, de concevoir que des classes aussi différentes de nature que sont la bourgeoisie et le prolétariat, l’une porteuse de l’exploitation, l’autre de l’émancipation, l’une porteuse de la répression, l’autre de la libération, l’une porteuse du maintien et de la perpétuation de la division de l’humanité, l’autre de son unification dans une communauté humaine, que ces deux classes, l’une représentant le règne de la nécessité, de la pénurie et de la misère, l’autre le règne de la liberté, de l’abondance et de l’épanouissement de l’homme, que ces deux classes puissent avoir comme expression les mêmes moeurs, le même comportement, les mêmes moyens et modes d’action.
En établissant cette identification, on escamote tout ce qui distingue et oppose ces deux classes, non pas dans les nuées de la spéculation, dans l’abstrait, mais dans la réalité de leur pratique. A force d’identification de leurs pratiques, on finit par établir une identité entre les sujets eux-mêmes, entre la bourgeoisie et le prolétariat, car il est aberrant d’affirmer d’une part que nous sommes en présence de deux classes d’essence diamétralement opposée et de soutenir d’autre part que ces deux classes ont dans la réalité une pratique identique.

3) Pour cerner le fond du problème concernant la terreur, il nous faut mettre de côté ce qui n’apparaît que comme une querelle de mots, pour mettre a nu ce que les mots recouvrent. Autrement dit, le contenu et la pratique de la terreur et sa signification. Il faut commencer par rejeter la vision d’une séparation possible entre le contenu et la pratique. Le marxisme renvoie dos à dos la vision idéaliste d’un contenu éthéré existant hors de la matérialité réelle qu’est sa pratique et la vision pragmatique d’une pratique vide de contenu. Contenu et pratique, but et moyens, sans être des identités, constituent néanmoins des moments d’une unité indissoluble. Il ne saurait y avoir une pratique distincte et opposée à son contenu et on ne saurait mettre en question un contenu sans mettre en question ipso facto sa pratique. La pratique révèle nécessairement son contenu, tout comme ce dernier ne peut s’affirmer que dans sa pratique. Ceci est particulièrement évident au niveau de la vie sociale.

4) Le capitalisme est la dernière société divisée en classes de l’histoire. La classe capitaliste fonde sa domination sur l’exploitation économique de la classe ouvrière. Pour assurer cette exploitation et l’accentuer au maximum, la classe capitaliste, comme toutes les classes exploiteuses dans l’histoire recours à tous les moyens de coercition, d’oppression et de répression dont elle peut disposer. Aucun des moyens les plus inhumains, les plus sauvages, les plus sanglants ne saurait être exclu par elle pour assurer et perpétuer l’exploitation. Plus se manifestent des difficultés internes, plus se manifeste la résistance des ouvriers et plus sanglant est l’exercice de la répression. A cette fin, elle a développé tout un arsenal de moyens de répression les prisons, les déportations, les assassinats, les camps de concentration, les guerres génocides, la torture la plus raffinée et nécessairement aussi tout un corps social spécialisé dans leur mise en oeuvre -la police, la gendarmerie, l’armée, le corps juridique, les tortionnaires qualifiés, les commandos et les bandes para militaires. La classe capitaliste dépense une part de plus en plus grande de la plus-value extraite de l’exploitation de la classe ouvrière à l’entretien de cet appareil de répression, au point que ce secteur est devenu aujourd’hui le plus important et le plus florissant champ de l’activité sociale. Dans le but de maintenir sa domination, la classe capitaliste est entrain de mener la société à la pire des ruines et vouer toute l’humanité aux pires souffrances et à la mort.
Ce n’est pas là une description émotive de la barbarie capitaliste que nous entendons faire mais plus prosaïquement la description de ce qui constitue sa pratique.
Cette pratique qui imprègne toute la vie sociale, toutes les relations entre les hommes et qui pénètre dans tous les pores de la société, cette pratique, ce système de domination, nous l’appelons la terreur. La terreur n’est pas tel ou tel acte de violence épisodique et circonstanciel. La terreur est un mode particulier de la violence, inhérent aux classes exploiteuses. C’est une violence concentrée, organisée, spécialisée, entretenue et en constant développement et perfectionnement, en vue de perpétuer l’exploitation.

Ses caractères principaux sont :

  • d’être la violence d’une classe minoritaire contre la grande majorité de la société;
  • de se perpétuer et de se perfectionner au point de trouver sa raison d’être en elle-même;
  • de nécessiter un corps spécialisé et toujours plus spécialisé, toujours plus détaché de la société, fermé sur lui-même, échappant à tout contrôle, imposant avec la dernière brutalité sa férule sur l’ensemble de la population et étouffant dans un silence de mort toute velléité de critique et de contestation.

5) Le prolétariat n’est plus la seule classe à subir les rigueurs de la terreur de l’État sur la société. La terreur s’exerce également sur toutes les classes et couches petites-bourgeoises, paysans, artisans, petits producteurs et commerçants, intellectuels et professions libérales, scientifiques et jeunesse étudiante, et se prolonge jusque dans les rangs mêmes de la classe bourgeoise. Ces couches et classes n’offrant aucune alternative historique au capitalisme, excédées et exaspérées par la barbarie du système et de sa terreur, ne peuvent lui opposer que des actes de désespoir : le terrorisme.
Bien qu’il puisse être également utilisé par certains secteurs de la bourgeoisie, le terrorisme est essentiellement le mode d’action, la pratique des couches et classes désespérées et sans devenir. C’est pourquoi cette pratique qui se veut “héroïque et exemplaire” n’est en fait qu’une action de suicide. Elle n’offre aucune issue et n’a d’autre effet que de fournir des victimes à la terreur de l’État. Elle n’a aucun effet positif sur la lutte de classe du prolétariat et ne sert souvent qu’à entraver cette lutte dans la mesure où elle fait naître des illusions parmi les ouvriers sur la possibilité d’une autre voie que celle de la lutte de classe. C’est pour cela aussi que le terrorisme, pratique de la petite-bourgeoisie peut être et est souvent judicieusement exploité par l’État comme moyen de détourner les ouvriers du terrain de la lutte de classe et sert également de prétexte pour renforcer sa terreur.
Ce qui caractérise le terrorisme, pratique de la petite-bourgeoisie, c’est de rester une action de petites minorités ou d’individus isolés, de ne jamais s’élever à des actions de masses, d’être mené dans l’ombre de la petite conspiration, offrant ainsi un terrain de prédilection aux manigances des agents de la police et de l’État, et en général à toutes sortes de manipulations et d’intrigues les plus insolites. Si au départ le terrorisme est l’émanation de volontés individualistes et non de l’action généralisée d’une classe révolutionnaire, il reste également, dans son aboutissement, sur un plan individualiste. Son action n’est plus dirigée contre la société capitaliste et ses institutions, mais seulement contre des individualités représentatives de cette société. Il prend donc inévitablement l’aspect d’un règlement de comptes, d’une vengeance, d’une vendetta, de personne à personne et non celui d’un affrontement révolutionnaire de classe contre classe. D’une façon générale, le terrorisme tourne le dos à la révolution qui ne peut être que l’oeuvre d’une classe déterminée, engageant de larges masses dans une lutte ouverte et frontale contre l’ordre existant et pour la transformation sociale. Il est en outre fondamentalement substitutionniste, ne plaçant sa confiance que dans l’action volontariste des petites minorités agissantes.
En ce sens, l’idée est à proscrire d’un “terrorisme ouvrier” qui se voudrait l’oeuvre de détachements du prolétariat, “spécialistes” de l’action armée, ou bien destinés à préparer les futurs combats en donnant l’exemple de la lutte violente au reste de la classe, ou en “affaiblissant” l’État capitaliste par des”attaques préliminaires” Le prolétariat peut déléguer certains détachements pour telle ou telle action ponctuelle (piquets, patrouilles, etc.), mais sous son contrôle et dans le cadre de son mouvement d’ensemble et, si, dans ce cadre, l’action plus décidée des secteurs d’avant-garde peut servir de catalyseur à la lutte des larges masses, ce ne peut jamais être à travers les méthodes conspiratives et individualistes propres au terrorisme. Celui-ci, même s’il est pratiqué par des ouvriers ou des groupes d’ouvriers, ne peut acquérir un caractère prolétarien, de la même façon que la composition ouvrière des syndicats n’en fait pas des organes de la classe ouvrière. Cependant, il ne faut pas le confondre avec des actes de sabotage ou de violence individuelle perpétrés par des travailleurs sur des lieux de production. De tels actes sont fondamentalement des expressions du mécontentement et du désespoir surtout fréquents dans les périodes de reflux pendant lesquelles ils ne peuvent en aucune façon servir de détonateur et qui tendent, dans un moment de reprise, à s’intégrer et à être dépassés dans un mouvement collectif et plus conscient.
Si pour toutes ces raisons, le terrorisme dans le meilleur sens du terme (dans le pire, il peut être dirigé carrément contre les travailleurs), ne saurait jamais être le mode d’action du prolétariat; ce dernier ne le met jamais sur le même plan que la terreur, car il n’oublie pas que le terrorisme, aussi futile que soit son action, est une réaction, une conséquence provoquée par la terreur de son ennemi mortel, l’État capitaliste, et il en est également la victime.
Le terrorisme comme pratique reflète parfaitement son contenu : les classes petites bourgeoises dont il émane. Il est la pratique stérile des classes impuissantes et sans devenir.

6) Dernière classe exploitée dans l’histoire, le prolétariat porte avec lui la solution à tous le les déchirements, à toutes les contradictions et impasses dans lesquelles la société s’est embourbée Cette solution n’est pas seulement une réponse à son exploitation mais se rapporte à toute la société, car le prolétariat ne peut se libérer sans libérer l’humanité toute entière de la division de la société en classes et de l’exploitation de l’homme par l’homme. Cette solution, d’une communauté humaine librement associée et unifiée, c’est le communisme. Dès sa naissance, le prolétariat porte en lui les germes et certains caractères de cette humanité renaissante : classe démunie de toute propriété privée, classe la plus exploitée de la société, elle s’oppose à toute exploitation; classe unifiée par le capital dans le travail productif associé, elle est la classe la plus homogène, la plus unitaire de la société; la solidarité est une des premières de ses qualités et est ressentie comme le plus profond de ses besoins; classe la plus opprimée, elle combat toutes les oppressions; classe la plus aliénée, elle porte avec elle le mouvement de la désaliénation car sa conscience de la réalité n’est plus sujette à l’automystifi-cation dictée par les intérêts des classes exploiteuses; les autres classes sont soumises aux lois aveugles de l’économie, le prolétariat, lui, agissant consciemment, se rend maître de la production, supprime l’échange marchand et organise consciemment la vie sociale.
Portant encore les stigmates de l’ancienne société d’où il émerge, le prolétariat est appelé néanmoins à agir en fonction de son devenir. Pour son action il ne prend pas pour modèle les agissements des anciennes classes dominantes car dans sa pratique comme dans son être il est en tous points leur antithèse catégorique. Les anciennes classes dominaient, motivées qu’elles étaient pour la défense de leurs privilèges, le prolétariat n’a, lui, aucun privilège et sa domination est pour la suppression de tout privilège. Pour les mêmes raisons, les anciennes classes dominantes s’enfermaient dans des barrières sociales infranchissables de caste, le prolétariat, lui, est ouvert à l’incorporation de tous les autres membres de la société en son sein afin de créer une seule communauté humaine.
La lutte du prolétariat, comme toute lutte sociale, est nécessairement violence mais la pratique de sa violence est aussi distincte de la violence des autres classes corne sont distincts leurs pro jets et leurs buts. Sa pratique, y compris la violence, est l’action d’immenses masses et non de minorités; elle est libératrice, l’acte d’accouchement d’une société nouvelle harmonieuse, et non la perpétuation d’un état de guerre permanent, chacun contre tous et tous contre chacun. Sa pratique ne vise pas à perfectionner et perpétuer la violence mais à bannir de la société les criminels agissements de la classe capitaliste et l’immobiliser. C’est pourquoi la violence révolutionnaire du prolétariat ne pourra jamais prendre la forme monstrueuse de la terreur propre à la domination capitaliste, ou la forme du terrorisme impuissant de la petite bourgeoisie. Sa force invincible ne réside pas tant dans sa force physique et militaire et encore moins dans la répression, que dans sa capacité de mobiliser ses larges masses, d’associer la majorité des couches et classes travailleuses non prolétariennes à la lutte contre la barbarie capitaliste. Elle réside dans sa prise de conscience et dans sa capacité de s’organiser de façon autonome et unitaire, dans la fermeté de ses convictions et dans la vigueur de ses décisions. Telles sont les armes fondamentales de la pratique et de la violence de classe du prolétariat.
La littérature marxiste emploie parfois le terme de terreur à la place de violence de classe. Mais il suffit de se référer à l’ensemble de toute l’oeuvre de Marx, pour comprendre qu’il s’agit plutôt d’une imprécision de formulation que d’une véritable identification dans la pensée. Cette imprécision lui vient en outre de la profonde impression qu’a laissée sur elle l’exemple de la grande révolution bourgeoise de 1789. Quoi qu’il en soit, il est largement temps de lever ces ambiguïtés qui amènent certains groupes, corne les bordiguistes, à pousser à l’extrême caricature l’exaltation de la terreur et à faire de cette monstruosité un nouvel idéal du prolétariat.

  • La plus grande fermeté et la plus stricte vigilance ne veulent pas dire l’instauration d’un régime policier. Si la répression physique contre les menées contre-révolutionnaires de la bourgeoisie aux abois peut s’avérer indispensable, et même si le danger existe d’une trop grande mansuétude ou faiblesse à son égard, le prolétariat veillera, comme ce fut la préoccupation des bolcheviks dans les premières années de la révolution, à se prévenir contre tout excès et abus qui risqueraient de défigurer et dénaturer sa propre lutte en lui faisant perdre la vision de son but. C’est avant tout sur, la participation de plus en plus active de larges masses, sur leur initiative créatrice qu’il fonde son pouvoir et la garantie du triomphe final du socialisme.
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