Incendie dans des usines de recyclage: la loi du profit engendre les catastrophes !

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Le mercredi 1er août, un énorme incendie se déclarait dans une usine de recyclage d’Athis-Mons (Essonne), site qui avait déjà vu ses déchets en plastique partir en fumée en 2011. Le même jour, les stocks de l’usine Environnement Recycling à Montluçon (Allier) prenaient également feu, mobilisant 140 pompiers et libérant un impressionnant nuage de fumée sur la région. Environnement Recycling avait déjà empoisonné ses employés et l’atmosphère lors de l’incendie de plusieurs tonnes de plastique en 2014. Depuis, visiblement, aucune mesure sérieuse de sécurité n’a été prise et c’est, selon l’entreprise, pas moins de cinq-cents tonnes de plastique, de batterie et de matériel électrique qui ont flambé. La faute, selon la direction, aux batteries au lithium qu’Environnement Recycling a cru pouvoir bazarder sans conséquence sous le soleil d’août, mettant en péril la vie et la santé de la population et, plus encore, de ses salariés dont les conditions de travail, révélées par de multiples scandales, laissent déjà deviner le profond cynisme de la direction !

Cette entreprise “modèle”, “à la fois performante, responsable et citoyenne” (selon son site internet) emploie en effet des personnes handicapées ou “en rupture sociale” (ce qui permet surtout de faire subventionner le coût de la main d’œuvre par l’État) qu’elle expose en permanence à un nuage de poussière toxique contenant une proportion élevée de plomb et autres métaux lourds. Du chantage à l’emploi au prix de la santé d’ouvriers forcément précarisés, c’est ce qu’Environnement Recycling appelle un “engagement en faveur de l’accès à l’emploi et de l’accompagnement” (toujours selon son site internet). Dans ces conditions, répandre une immense fumée empoisonnée plusieurs jours durant sur toute une région relève au mieux, pour Jérôme Auclair, le gérant d’Environnement Recycling qui s’est exprimé dans la presse locale, d’un simple “risque connu”.

Face à ces catastrophes industrielles que personne n’attende de réponse de l’État ; il fera son travail : protéger la rentabilité de la propriété privée ! Déjà, la machine de propagande et de mensonges est en branle. Tandis que la population suffoquait sous un épais nuage toxique, les autorités déclaraient sans sourciller : “le seuil olfactif (expression novlangue pour dire que ça pue méchamment) est atteint, mais il n’y a pas de risques toxiques ni de pollution aquatique ”.(1) Nous voilà rassurés ! En plus : “des prélèvements ont été effectués dès mercredi, pour écarter tout risque de pollution”. Même les grossiers mensonges sur le nuage radioactif de Tchernobyl en 1986 étaient plus convaincants !

Face à la banalisation cynique des méfaits quotidiens du capitalisme, face à la multiplication des catastrophes prétendument naturelles, à celle des catastrophes industrielles, la bourgeoisie n’a pas d’autre explication que la fatalité ou l’origine accidentelle malencontreuse, ni d’autre message que des communiqués stéréotypés des “autorités” pour prévenir la panique et, surtout, désamorcer la colère comme les interrogations des riverains. Pourtant, le stockage peu coûteux de gros tas de détritus indistincts et inflammables est systématique et parfaitement cautionné par les autorités. Tout le monde sait que ces pratiques sont dangereuses (un “risque connu”), que ce type d’incendie met plusieurs jours à s’éteindre, dégageant dans l’atmosphère et dans nos poumons, y compris ceux des enfants et des personnes fragiles, une pollution dont chacun a pu mesurer l’ampleur par le seul “seuil olfactif”. Si la santé et la vie de la population peuvent être mises en péril, le profit, lui, est protégé de ces aléas !

Léo, 3 août 2018.

 

1 “Incendie à Environnement Recycling (Allier) : la dernière cellule en passe d’être éteinte”, La Montagne du 2 août 2018.

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