Introduction

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Aujourd’hui, le PCF, comme tous les partis staliniens, n’est plus une organisation du prolétariat. Il n’est pas non plus, contrairement à ce que mettent en avant les organisa­tions trotskistes, "un parti ouvrier dégénéré" ("... dégénéré certes, mais ouvrier quand même" comme elles disent). En effet, c’est à partir du milieu des années 1930 qu’il a rejoint les rangs de la classe enne­mie, qu’il a basculé dans le camp de la bourgeoisie et cela de façon irréversible.

Depuis ce moment-là, son histoire n’a cessé d’en donner la preuve. Pendant plus de 60 ans, il a été (et il reste) un défenseur incondition­nel du capital national et surtout l’un des plus dangereux ennemis, voire le plus dangereux (quand son poids politique et son influence le lui ont permis), de la classe ouvrière en France.

Pendant plus de 60 ans, il a été un représentant parmi les plus zé­lés et fidèles de la contre-révolution stalinienne en Europe occidentale.

A ce titre, il a cautionné la traque et l'élimination de la majeure partie des forces vives révolutionnaires d'Octobre 1917, et en particulier de toute la vieille garde bolchévique, par Staline et ses sbires dans la deuxième moitié des années vingt et dans les années trente.

A ce titre, il a poussé des généra­tions de prolétaires derrière la dé­fense de la "patrie du socialisme" à travers la "théorie" stalinienne du "socialisme dans un seul pays", né­gation même de l'internationalisme prolétarien.

A ce titre, il a été le meilleur agent du plus gigantesque mensonge idéologique édifié au cours du siè­cle par l'ensemble de la bourgeoi­sie contre le prolétariat : l'identifica­tion de la contre-révolution et des régimes staliniens à la révolution communiste.

Il s'est toujours présenté comme parti de la classe ouvrière, en pré­tendant incarner la fidélité au marxisme et à la tradition ouvrière qu'il a trahis et écrasés.

Il est resté un des pires ennemis du prolétariat à travers tous ses états de service auprès du capital national français que soit au gou­vernement ou dans l'opposition. Il n'a jamais cessé de pousser les ouvriers à abandonner leur terrain de classe au profit du capital natio­nal en exaltant le nationalisme le plus exacerbé, au nom du "peuple de France" et "de la France éter­nelle". C'est ainsi qu'il a participé activement à l'embrigadement et au massacre de millions d'ouvriers dans le seconde boucherie impé­rialiste mondiale.

S'il a pu remplir ce rôle mystifica­teur ainsi que celui de bourreau du prolétariat et de fossoyeur de la ré­volution, c'est parce qu'il n'a pas toujours été un parti bourgeois. Il était à ses origines, au début des années 1920, un authentique parti prolétarien, expression de la vague révolutionnaire internationale.

Ce sont toutefois ses faiblesses congénitales et l'opportunisme ayant présidé à sa formation qui ex­pliquent qu'il ait été happé si facile­ment, en n'opposant qu'une très faible résistance (comparé à la plu­part des autres PC en Europe occi­dentale), emporté comme un fétu de paille dans le sillage du stalinisme dont il a été, de ce fait, un des plus fidèles serviteurs.

C'est son ancienne filiation avec le mouvement ouvrier qui lui con­fère, au sein de l'appareil d'Etat bourgeois, ses galons de parti spé­cifiquement destiné à mystifier et à désarmer idéologiquement le pro­létariat.

Aujourd'hui, le PCF autoproclame sa "mutation", parle d'un "nouveau projet communiste", tout cela pour essayer, tant bien que mal, de se débarrasser de son encombrante image stalinienne qui lui colle à la peau. Mais cela n'est que pour mieux conserver son "fonds de com­merce" de parti bourgeois défen­seur du capital national et pour con­tinuer à assumer sa même fonction antiouvrière :

-dévoyer la classe ouvrière de son terrain de lutte pour l'amener, pieds et poings liés, vers la défaite d'abord, à l'abattoir ensuite, derrière la défense inconditionnelle du ca­pital national et de ses intérêts im­périalistes ;

-falsifier et dénaturer le commu­nisme aux yeux du prolétariat 1.

Hier, aujourd'hui, le PCF a été, est toujours et sera encore demain une arme essentielle de la bourgeoisie contre le prolétariat.

1C'est en particulier le rôle joué aujourd'hui par la "tendance" récemment apparue qui se présente comme étant la Gauche Communiste du PCF. Leur fonction de rabatteurs pour ramener un maximum d'ouvriers dans les serres de rapace du parti stalinien est d'autant plus dangereuse et mystificatrice que ces gens-là revendiquent frauduleusement rien moins que l'héritage de la Gauche Communiste et de Rosa Luxemburg. C'est pourquoi la responsabilité des véritables révolutionnaires est d'arracher le masque de ces imposteurs et de dénoncer toutes leurs manoeuvres actuelles pour s'introduire dans le camp prolétarien.