Conclusion

Afficher une version adaptée à l'édition sur imprimanteEnvoyer cet article par mail

Arrivé au terme de cette étude, le problème est loin d'être épuisé, et nombreuses demeurent les questions qui n'ont pu être approfondies ici. Le dernier demi-siècle a soulevé une série de nouveaux problèmes à la théorie révolutionnaire et fourni des données permettant de mieux comprendre les problèmes posés depuis longtemps. Nous ne prétendions pas tous les aborder, encore moins tous les résoudre.

Nos soucis principaux ont été les suivants : premièrement, expliquer les fondements de notre conviction que la révolution prolétarienne est à l'ordre du jour depuis la première guerre mon­diale. Deuxièmement, rendre compte du changement profond subi par la réalité capitaliste, qui a rendu une grande partie des posi­tions des révolutionnaires qui, tactiques légitimes au XIXè siècle, sont devenues aujourd'hui (parlement, syndicats, question natio­nale ...) contre-révolutionnaires.

Cela nous a amené à montrer que seule l'analyse qui aboutit à la notion de décadence du capitalisme depuis 1914, permet d'inté­grer dans une vision cohérente, tous les phénomènes marquants qui sont apparus à partir de cette date :

- freinage et ralentissement de la croissance des forces productives par les rapports de productions dominants.

- exacerbation permanente des antagonismes entre fractions de la classe dominante.

- apparition de crises et guerres mondiales d'ampleur sans précé­dent, qui sont allées en s'approfondissant à chaque occasion.

- développement démesuré des secteurs improductifs aux dépens des secteurs productifs.

- décomposition accélérée de toutes les valeurs idéologiques du système.

- développement des antagonismes de classe et surgissement de mouvements révolutionnaires prolétariens, mettant en question le système à l'échelle mondiale.

- développement et renforcement de l'appareil étatique capitaliste et de son contrôle sur toute la société (tendance générale au capi­talisme d'État).

Tous ces phénomènes ne peuvent se comprendre que comme des expressions de l'inadaptation définitive des rapports de pro­duction capitalistes aux besoins historiques de l'humanité.

Ceux qui tout en parlant aujourd'hui de révolution, nient la réalité de la décadence se devraient d'expliquer non pas tel ou tel de ces phénomènes pris isolément, mais la cohérence qui, obli­gatoirement, les lie.

Mais à ceux qui reconnaissent cette vision de la période histori­que actuelle, il reste la tâche d'approfondir l'analyse de la déca­dence et de tirer jusqu'au bout toutes les conséquences qui en découlent pour la pratique révolutionnaire.

RI N05. octobre-Nov. 1973,

R. Victor